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L’AMF veut encadrer les simulateurs de placement

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Les calculatrices de rendement : une jungle.

Vous hésitez entre acheter de l’or, investir dans l’immobilier ou ouvrir une assurance vie ? Pour vous aider dans votre choix, vous avez utilisé un des nombreux simulateurs de placement disponibles gratuitement sur Internet. Mais la plupart de ces outils sont jugés trompeurs ou trop optimistes par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), qui souhaite réguler ces pratiques.

Une consultation pour prévenir les informations trompeuses

Lors d’un communiqué de presse paru le 24 novembre, l’AMF lance une consultation sur les simulateurs de placement. Ces outils qui sont en fait de simples calculettes, sont utilisés par les professionnels pour proposer des solutions d’épargne aux particuliers. On les trouve en ligne, mais également en agence lors d’un rendez-vous avec l’intermédiaire.

Certains vont de la simple calculatrice capable de déterminer le capital final, après un capital de départ plus un rendement fixe et connu à l’avance. D’autres sont plus évoluées, proposant ainsi tout un choix d’investissement en fonction du profil de risque et de la mise de départ souhaitée. Les plus complètes vont même jusqu’à proposer différents scénarios, du plus pessimiste aux plus optimistes.

Mais si sophistiqués soient-ils, les résultats ne sont obtenus qu’au moyen « du paramétrage de l’outil (algorithme) », comme le rappelle l’AMF. Et en fonction de ce paramétrage « les éléments diffusés laissent apparaître des informations potentiellement trompeuses et/ou trop optimiste ». Il n’y aurait donc pas forcément intention de fraude, mais parfois une forme de laxisme sur les informations données.

Quelle régulation pour les simulateurs de placement ?

Actuellement la réglementation encadrant les services d’investissement n’est pas suffisamment développée pour intégrer les simulations de placement. L’Autorité des Marchés Financiers rappelle que l’information « des données sur les performances futures » reste toutefois encadrée.

Cette information ne doit notamment pas se baser sur « des simulations de performances passées ». Elle doit reposer « sur des hypothèses raisonnables fondées sur des éléments objectifs ». Et si le résultat final est brut d’impôts et de frais, cela doit être précisé. Enfin pour finir, une mention doit rappeler que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La consultation lancée par l’AMF, dont les avis doivent être remis au plus tard le 20 janvier 2017, vise à déterminer un cadre légal pour les simulateur de placement. Toute la difficulté repose sur les éléments objectifs à prendre en compte dans le calcul mathématique.

Mettre un simulateur de placement sur son site pour les nuls

Pour celles et ceux qui ont un blog WordPress comme celui-ci, installer une calculatrice se fait sans aucune formation préalable. Ce site utilise l’extension Gravity Form, qui intègre des formules de calcul. Un développeur en langage PHP très compétent y a ajouté des fonctions incluant l’exposant négatif et positif, ce qui permet d’utiliser toutes les formules de mathématiques financiers existantes.

Les formules en question sont disponibles sur plusieurs sites scientifiques en ligne, à commencer par un blog du CNRS. Aujourd’hui, tout le monde peut installer des simulateurs de placement sur son site. Toutefois l’éditeur ne doit pas oublier que les formules de calcul ne peuvent pas prendre en compte les éléments inconnus. Le premier d’entre eux étant le plus important : le taux de rendement.

Estimer le rendement d’un placement

Le taux de rendement peut-être connu et annoncé pour les assurances-vie en support euros, mais il varie tous les ans, tout comme celui du livret A. Quant à l’investissement immobilier locatif, son rendement est certes plus facile à calculer, car le loyer est déterminé pendant toute la durée du contrat. Oui mais le locataire peut déménager, et le propriétaire peut avoir du mal à louer s’il ne fait pas de travaux d’amélioration.

Conclusion : La loi des probabilités fait que l’on ne peut pas effectuer une simulation de placement avec précision. Le terme plus exact, mais moins vendeur, serait plutôt estimation.

Mais ce que les simulateurs de placement oublient le plus souvent, ce sont les frais induits. Lorsque l’on place un capital sur une assurance vie, on paye des droits d’entrée. Lorsque l’on achète un appartement pour le louer, on paye des frais d’achat. Si l’on emprunte pour financer cet investissement, on paye des intérêts, une prime d’assurance emprunteur et des frais de dossier. Et surtout : on paye des impôts et des contributions sociales. Toutes ces dépenses devraient être ajoutées à la somme d’argent investie, mais elles le sont rarement.

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