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Ces banques qui ne savent plus quoi faire de votre argent

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Votre argent coûte de plus en plus cher à votre banque, au point que certaines n'en veulent plus.

L’idée du directeur de la BCE (Banque Centrale Européenne) Mario Draghi, avait pourtant du mérite. Il s’agissait de fixer un taux de dépôt négatif, afin que toutes les banques du système réinjectent leurs fonds dans l’économie. Peine perdue, la stratégie se retourne contre les enseignes et votre argent commence à peser de plus en plus lourd dans leurs coffres.

Taux négatifs : de la fête à la gueule de bois

C’est au début février que l’on déboucha le champagne au ministère des finances. La France entrait dans l’ère des emprunts d’État à taux négatifs, sur des durées de 1 mois à 2 ans. Il faut dire qu’auparavant, les banques avaient commencé à se prêter entre elles à des taux négatifs, dès la fin août 2014. Il ne fallut pas bien longtemps pour que ces conditions ne deviennent une pratique, aujourd’hui encore les taux interbancaires sont tous négatifs.

En clair : les banques se rendent moins d’argent qu’elles ne s’en prêtent, et cela commence à poser de sérieux problèmes.

Votre argent en fait perdre aux banques

Par culture, les enseignes bancaires font circuler l’argent liquide. Tous les jours avant 18 heures, les responsables doivent déterminer s’ils ont besoin de trésorerie, si votre argent leur suffit, ou s’ils en ont trop. S’ils en ont besoin, ils en empruntent à des concurrentes pour leur en rendre moins, car les taux sont négatifs.

S’ils en ont trop ils peuvent en prêter à ces concurrentes, mais alors pour en récupérer moins. Par exemple, les fonds prêtés à d’autres banques pendant 1 mois sont ponctionnés d’environ -0,34 %. Ou alors elles peuvent le déposer sur leur compte courant à la Banque Centrale Européenne, pour un taux négatif de -0,4 %.

Ou alors ils peuvent l’investir dans l’économie comme l’avait prévu Mario Draghi, mais il y a un risque. Tout d’abord les fonds ainsi prêtés ne sont pas disponibles, or il s’agit de votre argent et vous pourriez en avoir besoin. Enfin si finalement l’investissement se transforme en une perte, la banque devra puiser dans ses réserves pour vous rendre votre dû.

Heureusement que les comptes débiteur représentent 45,6 milliards d’euros en France. Car votre banque vous facture votre découvert en moyenne à 6 %, ce qui lui permet de renflouer ses caisses. En clair : votre argent ne rapporte à votre banque que lorsque vous n’en avez plus.

Quand votre épargne devient un gouffre

Mais les déboires des directeurs de banques ne s’arrêtent pas à la gestion de trésorerie en terrain miné. Car il faut également compter sur les 437,3 milliards d’euros qui dorment sur des livrets d’épargne réglementés. Sans compter les 251,1 milliard d’euros déposés sur des plans épargne logement.

Si les nouveaux PEL se rémunèrent à 1 %, ceux qui ont été ouverts en 2015 doivent toujours verser 2 % à leurs souscripteurs. Certes le taux du livret A est descendu à 0,75 %, mais comment rémunérer votre argent lorsque la dette française à 10 ans paye moins de 0,15 % ?

Dans cette configuration, une banque allemande a fait le premier pas en ponctionnant l’épargne de ses clients d’un taux négatif. Un moins tôt, la banque hollandaise DHB Bank annonçait la fermeture de ses livrets d’épargne en Belgique. Et cette pratique pourrait arriver en France au cours des prochains mois, malgré les oppositions des politiques.

La carte à jouer des promoteurs immobiliers

Puisque votre argent ne rapporte plus suffisamment aux banques, et puisqu’au contraire il devient problématique, le secteur de la construction arrive peut-être en sauveur. Les fonds de pension et les assureurs l’ont bien compris, depuis plusieurs mois déjà ils investissent dans l’immobilier de bureau à Paris.

Les particuliers y ont accès au travers de l’investissement en parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), mais beaucoup préfèrent acheter un logement. D’après la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), un peu moins de la moitié des ventes de logements neufs du 1er trimestre était le fait d’investisseurs.

Ils sont attirés par les remises d’impôt de la loi Pinel, par la possibilité de loger un enfant ou un parent dans l’appartement acquis, mais aussi par des taux d’intérêt particulièrement attractifs. Désormais, une capacité d’épargne de 300 €/mois suffit pour investir dans le locatif.

Et justement les démarrages de chantiers progressent de +5,2 % en 1 an, poussés par les assouplissements de la loi ALUR. D’ici à ce que l’épargne des ménages passe des banques aux promoteurs il y a un fossé, que des produits de placement collectif adaptés pourraient bien combler.

Quoi de neuf du côté des promos ?