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Améliorations mitigées sur le front du surendettement

Globalement la lutte contre le surendettement commence à porter ses fruits.

Le baromètre du surendettement de la Banque de France sur le 2e trimestre 2016, fait état du recul du nombre de dossiers déposés. Le montant de la dette impayée diminue légèrement, mais l’on compte plus de charges en retard dans chaque dossier. Et surtout la dette immobilière augmente, malgré la forte différence de taux d’emprunt par rapport aux années précédentes.

L’endettement moyen s’améliore

Au 1er trimestre 2016, la Banque de France constatait un endettement moyen de 42 558 €, sur l’ensemble des dossiers recevables. Cette année la situation s’améliore légèrement, avec une moyenne de 42 063 €, soit 1,2 % de moins. Les dossiers de surendettement qui ne présentent pas de crédits immobiliers impayés, se montent à 27 308 €, soit quelques dizaines d’euros de moins qu’au cours de l’édition précédente.

La Banque de France n’a reçu que 207 544 dossiers de juillet 2015 à juin 2016. Un chiffre en baisse de -7,1 % par rapport à la période précédente, quand déjà on observait un recul de -6,1 %. Une progression importante, quelque peu occultée par les crédits à l’habitat.

L’immobilier davantage présent dans le surendettement

La bonne nouvelle est que la présence de dettes immobilières dans un dossier de surendettement, baisse de 14 % à 13,6 %. La mauvaise nouvelle est que l’endettement moyen monte de 108 841 € à 109 437 €. Des chiffres peu surprenants, au regard de la hausse des prix de l’immobilier.

Pourtant la logique voudrait que l’augmentation de la valeur vénale du logement concerné, permettre plus facilement de trouver un plan de restructuration. Toutefois dans la réalité les prix du m² ont pu chuter, particulièrement au sein d’agglomérations isolées et peu prisées par les familles.

En 4 ans le poids des crédits immobiliers impayés au sein d’un dossier moyen de surendettement, gagne +6,7 % (102 500 € au 2e trimestre 2012). Il concerne par ailleurs beaucoup plus de ménages, présent désormais dans 13,6 % des dossiers contre 9,6 % à la même époque il y a 4 ans.

Augmentation notable des dettes de charges courantes

Lorsqu’il se retrouve forcé de tirer un trait sur l’une de ses obligations financières, le surendetté choisi les charges courantes. Ainsi la Banque de France constate que le poids de ces impayés grossit de 200 € par rapport au début de l’année, aujourd’hui établit à 6100 €. Les charges sont désormais présentes dans 12 % des dossiers, et cumulent ainsi un total de 231,1 million d’euros.

Peut-on y voir un durcissement des techniques de relance de la part des sociétés de crédit ? Toujours est-il que le montant moyen des charges impayées au sein d’un dossier de surendettement, a bondi de près de +50 % en 4 ans (4400 € au 2e trimestre 2011).

On notera d’ailleurs la présence de 51,1 % de charges courantes liées au logement. Un chiffre à méditer pour ceux qui trouvent plutôt bonne l’idée de taxer les propriétaires sur les loyers implicites.

Le crédit renouvelable recule, mais résiste

Le plus mauvais réflexe que puisse avoir un ménage surendetté, est d’emprunter pour rembourser. Après avoir épuisé le découvert bancaire et dans un souci de discrétion, il se tourne vers le prêt renouvelable. Il est très cher, mais il est accordé rapidement et discrètement.

Mais il est également bien mieux encadré depuis la loi Lagarde, entrée en vigueur en 2011. Le public est de mieux en mieux informé, et la part des prêts renouvelables dans un dossier de surendettement moyen, passe de 23,5 % au 3e trimestre 2015, à 21,5 % au 2e trimestre 2016. À 13 100 € de moyenne par dossier, l’endettement baisse ainsi de -17,6 % en 4 ans (15 900 € au 2e trimestre 2012).

Ces bonnes nouvelles sont tempérées par la présence de 3,3 dettes impayées en moyenne, un chiffre quasiment stable depuis un an. Et la barre pourrait se redresser, si l’on en juge par le retour des crédits renouvelables dans le panier des ménages. Plus généralement, l’encours des dettes de trésorerie ne cesse de baisser depuis 2 ans.

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