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Le Brexit va-t-il faire redescendre les taux des Français ?

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La bombe Brexit est probablement déjà en train de faire baisser les taux des Français.

Ce Brexit inattendu aura déclenché une belle pagaille. Les marchés boursiers plongent, la livre sterling coule, l’Écosse et l’Irlande veulent faire sécession, et les investisseurs ne veulent plus de la dette du Royaume-Uni. Si les premiers à payer l’addition pourraient être les classes moyennes britanniques, les taux des français pourraient bien redescendre, et voici pourquoi.

Grâce au Brexit, la France emprunte à 0,248 % sur 10 ans

Lorsqu’un État emprunte, il émet des obligations remboursables au bout de diverses périodes, allant de 1 mois à 30 ans. Entre-temps ou à terme, l’acquéreur (ici appelé investisseur), perçoit un rendement. Toutefois il ne percevra rien si les taux sont négatifs, comme c’est le cas pour l’instant sur les obligations françaises remboursables à 5 ans.

Quoiqu’il en soit, la dette d’État remboursable à 10 ans sert de repère pour analyser le fragile équilibre économique qui régit le monde dans lequel nous vivons. C’est ainsi que lorsque le rendement des obligations françaises remboursables à 10 ans (que l’on appelle OAT 10 ans) augmente, les taux d’emprunt immobilier font de même. Lorsque le rendement diminue, c’est le contraire qui se produit.

Or, suite au vent de panique créé par l’inattendu résultat du référendum sur le Brexit, les investisseurs se sont massivement retirés des dettes d’états jugées risquées. Ils se sont tout naturellement tournés vers les obligations jugées sûres : celle de l’Allemagne et de la France.

C’est ainsi que ces investisseurs institutionnels (on les appelle aussi les zinzins) ont acheté des bonds du Trésor allemand à 10 ans, pour le taux négatif de -0,170 %. Ils récupéreront donc moins que ce qu’il n’ont investi, et pour compenser cette perte ils revendront leurs obligations sur le marché secondaire, alimentant un peu plus les risques d’une nouvelle crise économique.

Mais ils ont aussi privilégié les OAT 10 ans française, qui sont ainsi passées de 0,421 % mercredi, à 0,248 % vendredi, au matin du « oui » au Brexit. Vous avez bien lu, le contribuable a emprunté 2 fois moins cher, et par effet de dominos les taux des Français pourraient bien redescendre, tant dans la consommation que sur l’immobilier.

Les taux pourraient remonter en Grande-Bretagne

Les banques, fonds d’investissement et banques centrales ont su tirer quelques leçons de la crise des subprimes, surgie en 2007 aux États-Unis. Non pas que tous se sont imposés des règles de bonne conduite, mais plutôt ils ont su se préparer à un cataclysme.

Ainsi bien avant le chant du coq sur l’aube du vendredi 24 juin, d’immenses mouvements de capitaux avaient eu lieu depuis les places de marché. La première grande migration fut effectivement un Brexit, mais en sens inverse, du Royaume-Uni vers l’Union Européenne. Conséquence directe : la dette britannique à 10 ans due s’offrir à 1,014 % sur le marché secondaire pour attirer les investisseurs.

Or, les taux des crédits souscrits dans le Royaume-Uni sont majoritairement variables, indexés sur ceux des prêts interbancaires. Lorsque les taux moyens auxquels les banques se prêtent entre elles remontent, les mensualités des sujets de Sa Majesté font de même, et vice versa.

Seulement voilà, avec toutes ces évasions massives de capitaux, l’argent pourrait se faire rare de l’autre côté de la Manche. Ce qui est rare est cher, les taux interbancaires pourraient donc augmenter, et les classes moyennes endettées verront ainsi leur pouvoir d’achat diminuer.

Triste paradoxe, ceux qui ont voté pour le Brexit pourraient être les premiers à en subir les conséquences. À moins que la BOE, la banque centrale du Royaume-Uni, ne décide d’ouvrir le robinet afin d’alimenter les banques. Son gouverneur, Mark Carney, s’est dit « prêt à injecter 250 milliards de livres de liquidités supplémentaires ».

Que disent les taux des Français en ce moment ?

Déjà lors de notre tendance de la semaine dernière, nous évoquions la possibilité d’une nouvelle baisse des taux immobiliers, précisément due au léger glissement du rendement des obligations françaises à 10 ans. Dès lors que ce fameux rendement atteint son niveau historiquement bas, l’emprunteur moyen de juin pourrait fort bien avoir obtenu mieux que les 1,77 % de son prédécesseur du mois de mai.

C’est dans un contexte de marchés financiers encore moins chers, que les sociétés de crédit sortent déjà des taux promotionnels.

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Et ce n’est peut-être pas fini. Effectivement, Banque Casino s’est engagé à baisser ses taux à chaque victoire des bleus à l’euro 2016. or justement ils viennent de gagner leur place en quart de finale, pour peut-être y rencontrer l’Angleterre. Et cette fois-ci par contre on espère bien qu’il y aura un Brexit…

Quoi de neuf du côté des promos ?