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Le découvert bancaire en hausse chez les français

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Boucler les fins de mois, et pas seulement pour remplir le frigidaire.

La perception du découvert bancaire par le ménage français, est en train d’évoluer. La Banque de France constate que l’encours augmente, quel que soient les revenus. Mais surtout, le cumul avec des crédits renouvelables est en nette progression, dangereuse pratique pouvant mener au surendettement.

70 % des découverts bancaires sont élevés

Le mode de consommation des crédits de trésorerie non-échéancée, a changé du tout au tout. La Banque de France constate que 70 % des découverts bancaires concernent désormais des sommes entre 100 € et 1000 €. En 2010 cette proportion n’était que de 15 %. Mais il y a pire : 11 % des découverts concernent même des sommes entre 1000 € et 5 000 €.

Le montant moyen du solde débiteur atteint ainsi 734 €, en hausse de 90 € en l’espace de 5 ans. La part de découverts dans l’ensemble des crédits à la consommation des ménages, a même augmenté ces dernières années. Lors de l’apparition de la crise financière de 2008–2009, elle représentait un peu plus de 4 %. Désormais les soldes débiteurs représentent près de 5 % des dettes de consommation des ménages.

Dangereuse utilisation du découvert et du crédit renouvelable

Le métier primaire d’une banque est de prêter de l’argent aux ménages et aux entreprises. Le découvert bancaire représente ainsi une facilité de caisse disponible, dont l’ampleur et le remboursement est à négocier avec sa banque. Mais cette facilité ne devrait être utilisée que pour boucler la fin du mois en attendant de réduire ses dépenses le mois prochain.

Or il n’en est rien, certains ménages ont tendance à cumuler découverts bancaires et crédits renouvelables. La Banque de France constate ainsi que 13 % de ceux qui pratiquent le solde débiteur, ont également des prêts renouvelables à rembourser. Une autre étude a même prouvé que certains Français vont payer les fêtes de Noël à crédit. Une mauvaise pratique, généralement signe d’un état proche du surendettement. Et en cette sortie de crise, toutes les tranches de revenus sont concernées.

Gros découverts chez les hauts revenus

Un découvert bancaire de plus de 300 € mettra du temps à se combler, même si les revenus des ménages français augmentent. Les banques accordent cet espace budgétaire en fonction des moyens de leurs clients, et cela se ressent. Ainsi 11 % des découverts de plus de 300 € sont détenus par des endettés aux revenus élevés. Quant aux revenus se situant en dessous de la médiane française, plus de 9 % d’entre eux puisent dans leur découvert au-delà de 300 €.

Et le montant augmente d’autant plus que la CSP est élevée. Ainsi la moyenne du découvert chez les cadres et professions intellectuelles supérieures, frôle les 1500 €. Même les retraités s’y mettent, avec des montants proches des 800 €. Les plus prudents sont encore les employés, dont le montant moyen du découvert avoisine les 400 €.

On notera également les presque 1700 € des agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Toutefois la Banque de France précise que leur trésorerie professionnelle est mêlée à leur trésorerie privée.

Mais là encore les statistiques montrent que l’utilisation des crédits de trésorerie non-échéancée a complètement évolué en 5 ans. Le recours à des facilités de caisse de plus de 300 € est en plein boom chez les professions intermédiaires, passant ainsi de 1 % à 3 %. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont 5 % à puiser ces sommes dans leurs comptes bancaires, tandis que les retraités sont moins de 1 % à en avoir besoin.

La Banque de France rappelle ainsi que si les découverts et crédits renouvelables sont « faibles au regard des autres catégories de crédits de trésorerie », ils signifient tout de même « des vulnérabilités financières variées ».

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