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Restructuration de la dette grecque : bras-de-fer FMI–Allemagne

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Le ciel ne s'éclaircit toujours pas sur l'économie grecque.

Il y a d’un côté le FMI (Fonds Monétaire International) qui souhaite une restructuration de la dette grecque, et de l’autre l’Allemagne qui ne veut pas en entendre parler. Son ministre des finances Wolfgang Schäuble affirme avoir marqué un point, en écartant l’institution de Christine Lagarde de la troïka. Et au milieu de ce bras-de-fer la péninsule hellénique doit recevoir une nouvelle aide financière, dont le citoyen grec ne verra pas la couleur.

Le plan allemand pour éviter la restructuration de la dette grecque

D’après une information publiée le 9 octobre par Reuters et immédiatement démentie par le FMI, le Fonds Monétaire International conserverait sa place dans la troïka à titre de conseiller (source : latribune.fr). Ainsi l’organisme de stabilité n’aurait pas son mot à dire quant à une possible restructuration de la dette grecque, ce dont l’Allemagne ne vaut pas entendre parler.

C’est que les élections fédérales auront lieu dans 1 an outre-Rhin, et le parti dans d’Angela Merkel est malmené dans les sondages, suite à la crise des migrants. Le moment est mal choisi pour faire accepter aux contribuables allemands un nouvel effacement de l’ardoise grecque. Alors Wolfgang Schäuble a imaginé un dispositif qui rappelle celui du circuit fermé.

Si effectivement le FMI ne prend pas part au nouveau programme d’aide de 86 milliards d’euros à la Grèce, c’est le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui devient le chef d’orchestre. L’organisme va ainsi lever les fonds nécessaires sur le marché de la dette, en se portant garant du remboursement. Puis il reverse les capitaux obtenus au gouvernement grec.

Ce dernier utilisera l’argent ainsi collecté pour rembourser les aides précédemment accordées. Et parmi ces créanciers se trouve notamment le MES. Ainsi, le mécanisme se porte garant auprès des créanciers, qui prêteront aux Grecs pour qu’ils remboursent le mécanisme. N’oublions pas non-plus le FMI, qui doit toujours récupérer les 13 milliards d’euros qu’il détient sur la dette grecque.

La Grèce et ces plans de sauvetage qui ne donnent rien

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les plans de restructuration de la dette grecque imaginés par les fonctionnaires de l’UE, sont un gros bide. En 2012 le PIB hellénique s’établissait à 191 milliards d’euros, pour une dette publique de 159,6 %. En 2015 il descend à 176 milliards d’euros, pour un endettement qui grimpe à 176,9 %.

Aujourd’hui chacun des 11,03 millions de citoyens grecs, porte sur ses épaules une dette de 28 236 €. Vu d’ici cela fait peu, mais selon l’OCDE la dette des ménages grecs atteint 115 % de leur revenu disponible. C’est beaucoup, mais en Europe les Suédois font pire. Oui mais en Suède le taux de chômage est de 7,4 %, alors qu’en Grèce il monte à 24,9 % de la population active.

Quant à la France, elle se garde bien de se positionner en donneuse de leçons. Sa dette publique se rapproche dangereusement des 100 % du PIB, malgré le fait qu’elle se finance à des taux négatifs sur moins de 10 ans.

Une nouvelle aide de 2,8 milliards d’euros pour payer les créanciers grecs

On continue d’aider la Grèce, avec un prochain chèque de 2,8 milliards d’euros approuvé par les membres de l’Eurogroupe hier. Mais cette somme ne servira pas à créer des infrastructures, ni à investir dans l’économie. Elle servira à rembourser les créanciers, à raison de 1,1 milliard pour le paiement des dettes du pays, et de 1,7 milliards pour les fournisseurs de l’État.

Et sur ce point la plupart des économistes sont d’accord, ce qui est suffisamment rare pour le souligner. Autant pour Yannis Stournaras le gouverneur de la banque de Grèce, que pour le secrétaire du Trésor américain Jack Lew, la restructuration de la dette grecque est inévitable. Et au milieu de tout cela, la cote du Premier ministre Alexis Tsiparas chute dans les sondages, au profit des démocrates conservateurs. Il ne manque donc plus que de nouvelles élections, pour un nouveau changement de majorité, avec une énième négociation de la dette, et la boucle sera bouclée jusqu’au prochain tour.

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