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Ce fonds d’investissement qui pèse 5000 milliards de dollars

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Siège social de la firme, à New York.

Le PIB du Japon ou 45 454 avions de chasse rafale, voici entre autres ce que l’on peut s’offrir avec 5 000 milliards de dollars. Ce montant faramineux est celui de l’actif géré par le fonds d’investissement BlackRock, le plus gros du monde. La recette de ce succès ? Un président qui privilégie l’investissement à la distribution des bénéfices.

70 milliards de dollars de collecte nette cette année

À la fin juillet dernier, la Fédération Française des Assurances comptabilisait fièrement une collecte nette de 15,2 milliards d’euros pour les assurances-vie, depuis le début de l’année. De son côté le fonds d’investissement BlackRock engrange 70 milliards d’euros en une dizaine de mois, confirmant sa position de plus gros gestionnaire d’actifs du monde.

Car la firme new-yorkaise montait déjà sur la première marche du podium en 2014. L’histoire commence en 1988, lorsque 3 anciens salariés de la banque d’investissement Suisse First Boston, fondent leur propre société d’investissement. L’un d’entre eux, Laurence Douglas Fink dit Larry Fink, est toujours aux commandes. Et c’est très certainement à sa franchise que les actionnaires doivent le succès grandissant de son fonds d’investissement, qui a notamment acheté près de 149 millions d’euros dans la dette française.

Quand le directeur du plus gros fonds d’investissement fait la leçon

Début février 2016, les PDG des entreprises S&P 500 n’en croient pas leurs yeux. Ils reçoivent chacun un courrier rédigé par Larry Fink en personne, et publié par le New York Times. S’ils s’attendaient à une analyse laconique, c’est raté.

L’auteur y fustige la « politique du court terme affectant le comportement des entreprises », et rappelle que les partisans de la création de valeur à long terme, offrent des meilleures stratégies que la gestion classique. Et de tirer la sonnette d’alarme, en pointant le fait que les dividendes versés par rapport aux bénéfices par les entreprises du S&P 500, sont les plus élevés depuis 2009. Tout au long de son courrier de 3 pages, Larry Fink appelle les PDG des plus grosses entreprises de la planète à penser davantage investissement, plutôt que distribution des bénéfices.

Plus généralement d’ailleurs le discours du fonds d’investissement BlackRock est teinté de réalisme, et contredit les analyses des experts répandus dans les médias. Sur le site français de la société, Nigel Bolton le directeur pour les actions européennes, minimise même l’effet Brexit. Dans un résumé sur la conjoncture économique de l’UE au 3e trimestre, il rappelle que le vote du Brexit « représente clairement une perturbation substantielle pour l’économie britannique », mais ajoute que ces turbulences n’affecteront l’UE en général que « dans une moindre mesure ».

Les bénéfices de BlackRock reculent

Un message plutôt bien reçu par les investisseurs, car pour ne rien gâter les les actions concrètes du fonds d’investissement ne le démentent pas. Ainsi malgré une collecte en hausse, les bénéfices de BlackRock reculent de -2,5 % cette année. Mais les 2,8 milliards de dollars sonnent suffisamment bien aux oreilles des marchés. Le titre gagnait ainsi +1 % à l’ouverture de la bourse de New York, après l’annonce des résultats annuels.

La stratégie du fonds d’investissement semble être principalement tournée vers les actions. En supplément d’être propriétaire de 11,5 % du S&P 500, le géant américain s’intéresse beaucoup à la France. D’après une analyse des Échos, il serait d’ailleurs l’un des principaux actionnaires du CAC 40. BlackRock détiendrait aujourd’hui 9,21 % de Cap Gemini, ou encore 7,78 % de Vinci, le géant de l’immobilier. Mais là ne s’arrête pas l’intérêt de la firme new-yorkaise pour la pierre française. Le fonds posséderait ainsi 14,86 % Unibail-Rodamco, le spécialiste de l’immobilier professionnel.

Et ça marche, ainsi l’action de BlackRock cotait à 166,57 $US le 1er juin 2012 à la bourse de New York, pour s’établir à 356,59 $US le 18 octobre, 4 ans et demi plus tard. Un gain de valeur très certainement aidé par la stratégie fiscale de l’entreprise. Car comme toutes les firmes financières, les quartiers généraux européens sont domiciliés… en Irlande et au Luxembourg.

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