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Les grandes surfaces poussent au crédit renouvelable, malgré la Loi

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Acheter une cuisine en plusieurs fois sans frais, oui mais…

Depuis la loi Lagarde entrée en vigueur en 2011, tout achat à crédit supérieur à 1000 € sur le lieu de vente, doit s’accompagner d’une offre de crédit amortissable. Pourtant dans la majeure partie des cas il n’en est rien, comme l’a constaté l’association CLCV (Consommation Logement et Cadre de Vie). Mieux, les grandes surfaces cachent un crédit renouvelable derrière un crédit gratuit bien ficelé.

Le bon vieux coup du 3 fois sans frais

Au cours du 2e trimestre dernier, la CLCV a envoyé 200 enquêteurs au sein de 60 enseignes, réparties dans 33 départements. Selon la technique du client mystère, chacun des acteurs s’est fait passer pour un consommateur lambda. L’objectif était de déterminer si les vendeurs de crédit des surfaces de vente, respectaient bien la loi. La synthèse de l’enquête rendue publique sur le site de l’association montre que oui, mais…

Dans 68 % des cas, le client se voit proposer une carte crédit gratuit. C’est donc légal, car si on lui proposait un crédit payant en premier, il devrait s’agir d’un remboursement amortissable. Cette facilité de caisse lui permet de régler en plusieurs mois sans intérêts, en ne payant donc que le capital. L’argument de vente du 3 fois sans frais est le plus souvent avancé, pour le plus grand bonheur du consommateur.

Et parce que l’on a le sens du service dans cette société de crédit, on lui remet une carte qui contient une réserve de trésorerie. Cette réserve d’argent pourra être ouverte, une fois le paiement sans frais consommé. Traduction : il s’agit tout simplement d’une première offre commerciale de crédit gratuit, suivie d’un crédit renouvelable. L’acquéreur l’actionnera quand il le voudra, le plus souvent sans le savoir.

Plus de la moitié des cartes de paiement incluent un crédit renouvelable

L’enquête de la CLCV montre que seuls 16,2 % des cartes de fidélité proposées à leurs clients mystères, ne comprennent pas de fonction de paiement. En revanche 56,6 % des cartes distribuées incluent bel et bien une fonction de crédit renouvelable. Lorsque les achats se montent à plus de 1000 €, le conseiller clientèle de l’organisme de crédit a l’obligation de proposer un prêt amortissable, de type affecté ou personnel.

Mais 68,6 % des répondants sont formels : on ne leur a pas proposé de remboursement amortissable. Si le conseiller en a parlé à 14,3 % d’entre eux, ce n’était que parce qu’ils ont mentionné le coût onéreux de la formule renouvelable qu’on leur proposait. Il reste que 17,1 % des enquêteurs de la CLCV sont tombés sur des sociétés de crédit qui, en leur proposant spontanément un contrat amortissable, respectent la loi.

Le crédit renouvelable, à l’avantage de tous saufs de l’emprunteur

D’après les relevés de la CLCV, un achat de 2000 € payé sur 29 mois pourrait coûter 107,14 € d’intérêt, s’il est financé avec un prêt personnel à 4,30 % de TEG. En revanche si l’acquéreur utilise une carte de crédit avec trésorerie renouvelable, le TEG monte à 16,685 %. Au final, il aura payé 405,84 € d’intérêt, soit 4 fois plus.

Un système de financement apprécié par les prêteurs, mais également par les grandes surfaces car il pousse à la consommation. À un tel point que les crédits renouvelables impayés se retrouvent dans 71,5 % des dossiers de surendettement du Nord-Pas-de-Calais.

Certes la loi protège l’emprunteur. À tout moment il peut demander de rembourser le capital restant sous la forme d’un crédit amortissable, selon les conditions décrites au contrat. Mais ces conditions ne valent généralement pas un rachat de crédit entre particuliers. Le financement participatif permet de réaliser des opérations d’allégement du coût de la dette, dont les banques traditionnelles se désintéressent.

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