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Inflation, croissance et consommation, la France repart-elle ?

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Que de bonnes nouvelles pour la consommation en ce début d’année 2016. Finalement la France renoue avec la croissance, le coût de la vie ne grimpe que légèrement, et les ménages retrouvent le chemin des magasins. Si ces résultats ne suffiront peut-être pas pas à crier victoire avant la fin du quinquennat, pour la première fois depuis longtemps l’optimisme est permis.

Les prix à la consommation augmentent de +0,2 % sur 1 an

La chute des cours du pétrole aura fait du bien à l’économie française. Selon les chiffres de l’INSEE, le coût de l’énergie a baissé de -4,7 % en décembre 2015, et pourrait avoir continué d’encore -4 % en janvier 2016. Plus généralement l’inflation s’est maintenue à +0,2 % en France, pas suffisant pour les économistes habitués aux recettes de croissance classiques, mais largement satisfaisant pour le consommateur.

Encore que les prix des produits frais ont gagné +2,2 % en janvier, après +3,1 % décembre. Ceux des services sont en hausse de +1 % en janvier, après +1,1 % en décembre. On constate ainsi que l’inflation moyenne de +0,2 %, est surtout due à la baisse des coûts de l’énergie. Pour le reste, la plupart des étiquettes et des factures sont en légère hausse.

Rappelons que lorsque les prix sont plus élevés, les marges des entreprises augmentent, ce qui par effet domino relance les industries et services. Si les salaires des ménages ne suivent pas, en revanche les taux de prêt à la consommation abordables facilitent les achats importants.

Hausse de la consommation des ménages de +1,8 %

Le mois de décembre a fait du bien aux caisses des grands magasins. Les dépenses en habillement ont grimpé de +4,2 %, une bouffée d’air après 3 mois de baisse. Il reste que le 4e trimestre termine en zone rouge, à -3 %, après un bond de +2 % au 3e trimestre.

En cette fin d’année les ménages ont surtout acheté des voitures, leurs dépenses en automobiles ont gagné de +1,7 %. Ils ont d’ailleurs profité de la lueur d’espoir économique pour augmenter de +1,1 % leurs achats de biens durables.

Les Français ont également mis la main au portefeuille pour équiper leur logement mais sans crédit, avec une hausse de +4,8 % des dépenses en décembre 2015, par rapport à décembre 2014. Ils ont bénéficié d’un gain de pouvoir d’achat grâce à une chute de -8 % de leur budget énergie sur la même période. En tout ils auront ainsi augmenté leurs dépenses en produits manufacturés de +1,9 % par rapport à l’année dernière.

Pendant ce temps, la croissance affiche +1,1 %

Les bonnes nouvelles conjoncturelles ne sont pas nombreuses, et le ministre de l’économie M. Michel Sapin entend bien les saisir au bond. « 2015 a été l’année de la reprise », réagit-il à l’annonce de l’INSEE des 1,1 % de la croissance française. C’est certes moins bien que la moyenne de +1,5 % de la zone euro, mais le premier ministre M. Manuel Valls n’entend pas bouder son plaisir. « Pour la première fois depuis 2011, nous créons à nouveau de la croissance ».

Et l’on aurait pu faire encore mieux, n’eût été les attentats de novembre 2015, qui ont pesé sur les dépenses d’habillement, d’hébergement et de restauration. Mais comme on l’a souligné plus haut, la consommation des ménages est repartie en décembre, et à regarder de plus près l’année 2015 présente des signes encourageants.

Les exportations tout d’abord ont bondi de +5,9 %, une bouffée d’air pour l’industrie française. Mais dans un même temps les importations ont gagné +6,1 %, signe que les ménages français ont retrouvé le moral.

Fort de cette poussée, Bercy table sur une croissance de +1,6 % du PIB en 2016, et la politique monétaire de la BCE (Banque Centrale Européenne) pourrait bien l’y aider.

Toutefois un nuage vient faire de l’ombre à tous ces résultats rassurants. Car malgré cet environnement économique en renaissance, les chiffres du chômage ne cessent de rappeler les optimistes à la réalité. En décembre le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 15 800, effaçant du coût la baisse de 15 000 de novembre. Mais à la vérité l’année 2015 a vu l’ajout de 90 000 chômeurs supplémentaires, contre 189 000 en 2014.

Le chômage augmente donc toujours, mais moins, et ça c’est peut-être un signe de reprise.

Quoi de neuf du côté des promos ?