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Inversement de la courbe des taux immobiliers en vue ?

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Ces brusques signes de possible remontée des taux immobiliers, que l'on n'attendait pourtant pas de sitôt.

En août dernier la moyenne des taux immobiliers était descendue à 1,48 %, grâce à des obligations françaises de moins en moins chères. Or depuis 10 jours ces mêmes bons d’État coûtent 50 % plus cher. S’agit-il de prémices à la remontée des taux d’emprunt ?

Ces signes qui annoncent peut-être une hausse des taux immobiliers

Si les variations des taux bancaires sur les crédits de trésorerie et biens de consommation sont plutôt subjectives, en revanche celles du financement de l’immobilier sont connues. Par divers mécanismes, l’évolution des taux des prêts à l’habitat suit celle du coût de la dette française à 10 ans.

Pour faire simple, lorsque la France souhaite emprunter de l’argent pour financer ses investissements (et sa dette), elle émet des obligations sur un marché primaire. Les investisseurs institutionnels, que sont les assureurs et fonds de pension, se portent acquéreurs en proposant un certain rendement. Par un jeu d’offre et de demande, la dette française est adjugée à un certain pourcentage.

L’agence France Trésor adjuge ainsi des Obligations Assimilables du Trésor (OAT), remboursables sur un certain nombre d’années. Il se passe que les OAT 10 ans, donc remboursables au bout de 10 ans, influent l’évolution des taux immobiliers. Lorsque leur rendement diminue, les particuliers payent leur crédit à l’habitat moins cher, et vice versa.

Et justement en août, les 23 adjudications d’obligations françaises à 10 ans l’ont été pour une moyenne de 0,152 %. Or depuis le début septembre, les 15 adjudications sont montées à 0,212 %. Et ce malgré un incroyable record à la baisse le 7 septembre.

Mais rien ne nous dit que la tendance sera durable, car voici que la situation chinoise et le Brexit viennent refroidir l’enthousiasme des banques.

En économie, rien n’est jamais joué

Ce ne sont pas les banques qui se plaindront d’une possible remonté des taux, elles qui désormais s’embarrassent d’argent pas cher. Les ministères des finances de la zone euro ne seront pas non plus déçus d’une remontée du rendement des obligations, car au final cette dette bon marché pourrait bien leur exploser dans les mains.

Et puis le fait que les banques devront peut-être se financer plus cher, pourrait justement faire décoller cette fameuse inflation, que tout le monde attend sauf le consommateur. Oui mais voilà, les entreprises chinoises sont surendettées, menaçant l’arrivée d’une nouvelle crise économique planétaire.

Car si la 2e puissance économique mondiale est à genoux, et si les accords commerciaux entre l’Union Européenne et la Grande-Bretagne tardent à être en place, alors la zone euro souffrira forcément d’un ralentissement économique. Ce ne sera donc pas du tout le moment de remonter les taux d’emprunt, et de gripper ainsi l’économie. Dans ce scénario, a priori les taux immobiliers se stabiliseront, même dans une légère phase de croissance.

C’est sans doute ce que pense Janet Yellen, directrice de la Fed américaine qui a pris bien soin de sous-entendre une hausse de ses taux directeurs, sans l’annoncer. C’est peut-être aussi ce que pense Mario Draghi, directeur de la BCE (Banque Centrale Européenne), qui s’est dit prêt à mettre les bouchées doubles au risque de se fâcher avec le ministre allemand de l’économie.

Oui mais voilà, en cas de nouveau ralentissement de la croissance mondiale, on se demande bien quel bazooka Mario Draghi pourrait encore sortir de sa poche.

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