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Avec Mario Draghi, les taux immobiliers ne risquent pas de remonter

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Le directeur de la Banque Centrale Européenne (BCE), M. Mario Draghi, vient sans doute de stabiliser les taux immobiliers pour les prochains mois. Non seulement il maintient son principal taux directeur inchangé, mais il pourrait être prêt à injecter davantage de liquidités sur le marché. Or cette stratégie avait sans aucun doute participé à la baisse des taux des crédits à l’habitat entamée l’année dernière.

Quand la BCE faisait indirectement baisser les taux immobiliers

La crise économique qui s’est développée en 2009, a fini par provoquer une chute des prix dans la zone euro, qui par ricochet assécha les bénéfices des entreprises, causa du chômage, et in fine de la récession.

C’est ainsi que le 1er novembre 2011, le directeur de la Banque d’Italie démissionne pour prendre les commandes de celle de l’Europe. Mario Draghi commence par abaisser le principal taux de refinancement de 1,50 % à 1,25 %, puis à 1 % en décembre. Il continuera ainsi tous les 6 mois, jusqu’à asseoir tout le monde le 10 septembre 2014 en l’abaissant à 0,05 %.

Désormais les banques savaient qu’elles allaient pouvoir emprunter pour rien, mais ce n’était pas fini. Des bruits couraient dans les couloirs feutrés des sièges sociaux des grandes banques françaises, comme quoi Mario Draghi allait lancer un programme massif d’achat de dettes des états européens. Cette pratique appelée Quantitative Easing, ou QE pour les initiés, s’était déjà avérée payante pour l’économie américaine.

De plus en plus confiante, les banques commencèrent à annoncer leur volonté de soutenir le marché immobilier. Le résultat ne se fit pas attendre, en janvier 2015 les taux immobilier commencent leur descente, entamant ainsi un long mouvement de baisse qui sonnera la reprise des transactions.

Après une pause cet été qui vit un léger inversement de la courbe, la fin de l’année 2015 se termina sur une stabilisation des taux avec même un retour à la baisse dans l’accession.

Mario Draghi serait prêt à injecter davantage de monnaie dans l’économie

Le programme QE de la BCE démarra en février 2015, et fut prévu pour durer 1 an et demi. Jusqu’à présent la banque centrale injectait 60 milliards d’euros par mois dans les caisses des banques, en leur rachetant les dettes des états membres de l’euro. Cette dette devint ainsi moins risquée, donc moins chère. Par effet domino les taux d’emprunt chutèrent, tout comme la devise euros qui fini par arriver presque à parité avec le dollar.

Mais ce tir d’artillerie de Mario Draghi n’eut pas l’effet escompté, ou presque. Si l’inflation n’a pas atteint la cible des  2 %, la stabilité du coût de la vie et les taux attractifs, ont poussé les ménages à souscrire davantage de crédits à la consommation. Les Français en ont profité pour équiper leur logement, faire des travaux et changer de voiture.

Mais tout cela ne satisfait pas le directeur de la BCE, qui a démontré hier qu’il entendait bien mériter son surnom de « Super Mario ». Il donne rendez-au conseil des gouverneurs en mars prochain au travers de cette simple phrase qui en dit long : « Il sera nécessaire de revoir et éventuellement de reconsidérer notre politique monétaire ».

Les réactions ne se font pas attendre, le CAC 40 notamment rebondi de +1,97 % le jour même. Car pour tous les spécialistes il est clair que la BCE devrait injecter davantage de liquidités sur le marché, permettant ainsi aux banques de conserver leur marge de manœuvre.

S’il n’est pas évident vu d’ici que cette fameuse inflation pointera le bout de son nez, il est en tout cas facile de prédire que les taux immobiliers ne devraient pas remonter, voire qui sait, repartir à la baisse.

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