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Une start-up française invente le réméré en crowfunding

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StayHome invente l'Ubérisation du rachat de dettes © momius - Fotolia.com

La vente à réméré est un procédé qui existe depuis Napoléon III, utilisé de nos jours en dernier recours pour les propriétaires surendettés. Une start-up vient de lever 750 000 € pour recycler le dispositif au travers du financement participatif. Un joli rendement est promis à l’investisseur, et de gros efforts financiers attendent tout de même le vendeur.

Le portage immobilier ou la vente en réméré style crowdfunding

L’idée de la société StayHome fondée par 3 Français est simple : reprendre le système de la vente avec faculté de rachat qu’est le réméré, et réunir ainsi prêteurs et emprunteurs sur la même plate-forme. D’un côté se trouvent des propriétaires ayant besoin d’argent, de l’autre des investisseurs en ayant justement à placer.

Les propriétaires peuvent être des auto-entrepreneurs ayant besoin de liquidités pour lancer un projet. Mais il peut également s’agir de particuliers surendettés, dont les crédits n’ont pas pu être restructurés via le circuit financier classique.

Ils déposent donc leur projet, reçoivent leur financement, et disposent d’un délai généralement de 60 mois pour exercer leur droit de rachat, comme le leur permet la vente à réméré. Pendant tout ce temps ils versent un loyer aux investisseurs, qui constitue donc leur rendement.

Si le bien immobilier ainsi cédé se trouve être la résidence principale de l’emprunteur, il continue de l’occuper. S’il s’agit d’un bien locatif, les investisseurs perçoivent une part de loyer en fonction de leur engagement.

À l’issue du délai le vendeur trouve un prêt immobilier pour rembourser les investisseurs, et l’opération se termine.

Surtout à l’avantage de l’investisseur

Sur la foire aux questions de StayHome, on peut lire que les investisseurs, ici appelés « porteur », peuvent espérer un retour de 6,5 % lorsque le bien en question est une résidence meublée, et de 8,5 % lorsqu’il s’agit d’un bail vide.

En revanche rien n’est précisé lorsqu’il s’agit de percevoir une indemnité d’occupation, donc lorsque le propriétaire souhaite continuer à occuper les lieux. Toutefois on apprend que cette indemnité ne pourra pas dépasser 33 % de ses revenus.

D’autres zones d’ombre persistent lorsque l’on se penche sur les questions et réponses de StayHome. Par exemple dans le cadre d’une vente à réméré, au cas où le vendeur ne peut pas rembourser les investisseurs, ces derniers sont censés devenir propriétaires du bien immobilier. Apparemment dans le cadre du fonctionnement de la plate-forme, le propriétaire doit alors vendre son droit de rachat à une autre personne, et court le risque de ne pas trouver preneur à moins de casser les prix.

Il est bon de rappeler que le système du réméré permet davantage de largesses, et qu’il est à ce titre indispensable de se rapprocher d’un notaire pour des conseils avérés.

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