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Les tarifs bancaires bondissent en 2017, mais moins qu’en 2016

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Les frais de tenue de compte augmentent, et les régulateurs entrent dans la danse.

C’est plutôt une bonne nouvelle, les tarifs bancaires vont moins augmenter en 2017. Mais ils vont tout de même grimper, et pas qu’un peu. D’après une étude de la Banque de France, seuls 18 établissements ne facturaient aucun frais de tenue de compte l’année dernière. Pour autant les Français n’ont pas à se plaindre, ils se situent dans la moyenne européenne.

Tarifs bancaires : +21 % en 2017

Augmenter ses prix c’est tout un art, la première règle étant d’appliquer cette hausse avec parcimonie sur une période donnée. Comme le révèle le site cbanque.com, la hausse des tarifs bancaires applicable au 1er janvier ne sera que de +4 %, par rapport à ce qu’il en est aujourd’hui. Mais si l’on compare la facture des particuliers au 1er janvier 2016 par rapport au 1er janvier 2017, la surcharge atteint +21,72 % et les banques en ligne ne sont pas épargnées

Les lecteurs ne se consoleront sans doute pas en apprenant qu’ils en seront moins de leur poche que l’année dernière. Car du 1er janvier 2015 au 1er janvier 2016, leur participation avaient augmenté de +34,19 %. D’après une étude de l’Observatoire des Tarifs Bancaires, en janvier 2011 on recensait 53 établissements qui pratiquaient la gratuité de la tenue de compte. 5 ans plus tard ils ne sont plus que 18, à l’instar de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne qui va finalement facturer 24 €/an en 2017 (source : Cbanque.com).

Les frais de tenue de compte prennent 45 % en 5 ans

La moyenne arithmétique calculée par l’Observatoire des Tarifs Bancaires, s’établissait à 13,07 € en 2011. L’inflation fut progressive pendant 2 ans, jusqu’à atteindre 14,08 €. Les particuliers constatèrent à leur plus grande joie une baisse des frais de tenue de compte jusqu’à 13,82 € dans l’année qui suivit.

Puis soudain, ce fut le décollage. Fin 2015 l’addition s’éleva à 15,93 €, puis 18,92 € en 2016. Au final, les frais de tenue de compte auront ainsi pris +45 % en 5 ans. Toujours d’après ce même rapport, cette année 47 % des tarifs bancaires se situaient entre 15 € et 30 €. Pour autant 32 % des établissements ne facturent que des sommes inférieures à 15 €, et l‘on trouvait encore 15 % de gratuité.

Dans ce contexte on ne peut que saluer le Crédit Agricole de la Martinique et de la Guyane, qui d’après Cbanque.com abaisse ses frais de tenue de compte de 10 €/an.

Le consommateur français dans la moyenne européenne

Une étude du CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier) montre que les services bancaires sont payants partout, mais pas par tous. Ainsi les Suédois ne payent pas de frais de tenue de compte. En revanche les opérations sont payantes, avec des offres variant de 12 € à 18 €. Mais il est préférable d’effectuer ses transactions en ligne, sous peine de d’être facturé 5 € de plus si l’on se rend au guichet.

Les Hollandais sont aussi bien lotis que les Français, avec des offres variant de 2 € à 5 € par trimestre. Toutefois les services complémentaires comme les relevés de compte papier et les transferts d’urgence, sont payants. Les Irlandais sont autant sollicités que les Français, sauf si leur solde ne dépasse pas un plancher variant de 1000 € à 3000 €. Les autres paieront de 18 € à 48 € de tarifs bancaires.

Enfin les Allemands détenteurs des 5,25 millions de comptes bancaires enregistrés à la PostBank, ne vont pas jouir bien longtemps de gratuité. La méthode adoptée par les autres banques du pays est celle des banques françaises. Les services sont payants, avec toutefois une exonération lorsque le solde se situe en dessous des 1200 €.

Les autorités financières froncent les sourcils

On ne plaisante pas avec la protection du consommateur dans l’Union Européenne. Les autorités autrichiennes sont les premières à avoir mis les pieds dans le plat, en imposant une définition des frais de tenue de compte. Retraits d’argent, dépôts de fonds, ouverture, clôture de compte et autres opérations en font désormais partie. Les banques locales doivent donc confiner leurs tarifs bancaires dans ce cadre.

C’est exactement la voie que souhaite suivre le CCSF. L’organisme qui s’est rendu célèbre pour avoir imposé une fiche standardisée sur l’assurance emprunteur, souhaite maintenant arrêter une définition « dans le cadre de l’application de la directive du 23 juillet 2014 sur les comptes de paiement ». La définition des frais de tenue de compte apparaît actuellement « trop laconique » au comité, qui note au passage l’honnêteté de certains établissements.

Mais pourquoi y a-t-il des frais de tenue de compte ?

Les établissements se disent inquiets « quant à la rentabilité des opérations bancaires ». Car ce n’est pas tant les frais de fonctionnement qui ennuient les enseignes bancaires, que leurs marges bénéficiaires dans leur globalité. Le rapport du CCSF paru en octobre dernier, souligne que les banques aimeraient bien faire payer aux particuliers la remontée des taux d’emprunt immobilier.

Les enseignes interrogées parlent notamment du modèle français des taux fixes, qui risque alors « de devenir particulièrement pénalisant ». Un argument que les associations de consommateurs n’ont pas manqué de critiquer, en pointant du doigt des « calculs de coûts assez sommaires ». Et de mettre en avant les économies réalisées grâce au passage à la banque en ligne, qui devrait au contraire justifier de services moins chers.

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