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Quand les taux négatifs font craindre pour les retraites

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Siège de la Banque Centrale Européenne, Francfort © acmanley - Fotolia.com

Depuis le 21 janvier 2016, la France emprunte continuellement à des taux négatifs sur 5 ans. Une bonne nouvelle pour le contribuable ? Oui, mais à condition de délaisser les assurances vie, de moins en moins efficaces pour un complément de retraite.

6000 milliards d’euros à taux négatifs, et moi ?

L’agence France Trésor se frotte les mains, elle peut désormais émettre des obligations d’État remboursables à 5 ans, à un taux négatif. Non pas que quelqu’un le lui est permis, mais la dette française est solide car la BCE (Banque Centrale Européenne) s’est lancée dans un immense programme de rachat de dettes souveraines, à grands coups de 80 milliards d’euros par mois.

Les obligations d’État françaises sont donc sans risque, et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, assureurs et fonds de pension sont prêts à payer pour acheter de la dette française. Mais l’agence France Trésor n’est pas la seule, le Japon, la Suisse et l’Allemagne entre autres, empruntent elles aussi à des taux négatifs.

Selon une estimation de Bloomberg, pas moins de 6000 milliards d’euros seraient empruntés par les états à taux négatifs.

Cependant le consommateur n’en profitera qu’indirectement, le Code civil lui interdit d’emprunter à taux négatifs, tout comme il le protège contre les taux de dépôt négatifs. En revanche aucun dispositif ne le prémunit contre les excès du système, qui font invariablement glisser les rendements des placements bancaires.

Taux négatifs = chute des rendements bancaires

Dès lors qu’un fonds d’assurance investit dans une dette souveraine à taux négatifs, il doit faire face à une baisse de rendement. Afin de limiter la casse, ces investisseurs institutionnels se tournent davantage vers les obligations des entreprises, plus rentables mais plus risquées.

Toujours est-il que le résultat est là : d’après la FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurances), le rendement moyen des contrats d’assurance vie en fond euros se limite à 2,30 %, contre 2,32 % l’année dernière. Après prélèvements sociaux, il ne reste que 1,7 % dans la poche du particulier, et encore uniquement dans la limite de l’abattement fiscal.

Mais ça c’était avant, maintenant les taux négatifs sont de plus en plus présents. Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Fact & Figures et du site Good Value for Money, cité par lejournaldunet.com, craint que le rendement brut avant taxes ne descendent à 1,95 % en 2016.

Dans ce contexte, espérer obtenir un capital suffisant au moment de sa retraite via l’épargne en assurance-vie, devient de plus en plus aléatoire.

Profiter des taux négatifs pour investir pour sa retraite

Il est clair que la BCE n’a pour l’instant pas l’intention de relever ses taux directeurs. Difficile d’imaginer alors comment les rendements des placements bancaires pourraient remonter, à moins bien sûr que l’inflation tant attendue ne fasse son grand retour. Et au vu de la dernière évolution des prix à la consommation, c’est possible.

En revanche, l’effet bénéfique des taux négatifs est la chute des taux d’emprunt immobilier. Passés en moyenne à 1,97 % en mars, ils pourraient bien être en train de continuer de baisser en ce moment même. Le mois dernier déjà, les meilleurs profils d’emprunteur obtenaient 1,40 % sur 15 ans, contre 2,10 % pour les moins bons, pour une moyenne de 1,73 %.

Pour l’achat d’un appartement à 150 000 € plus 10 % de frais d’achat soient 165 000 €, les mensualités sur 15 ans s’élèvent à 1091 €, assurance emprunteur incluse. En partant sur un rendement brut annuel avant impôts de 4 %, cela ne représente plus qu’un effort d’épargne de 591 €/mois.

Sans compter qu’il est possible de bénéficier de remises d’impôt via le déficit foncier ou le dispositif Pinel. L’investisseur peut également obtenir un meilleur rendement en investissant dans des parts de SCPI. Cette dernière solution présente l’avantage d’un ticket d’entrée quelquefois à moins de 10 000 €.

La retraite des américains menacée par les taux négatifs ?

Si en France la retraite à 60 ans devient un mythe un peu plus chaque jour, aux États-Unis c’est la pension en elle-même qui se dématérialise. Car outre-Atlantique les particuliers placent leur argent dans des fonds de pension, qui eux-mêmes les placent sur les marchés financiers.

Beaucoup se sont écroulés lors de la crise des subprimes, ce qui relance l’importance de diversifier ses placements. Mais même avec cette précaution élémentaire, les citoyens des États-Unis ne sont pas certains de pouvoir toucher une pension de retraite suffisante. Car les fonds dans lesquels ils investissent, ont de plus en plus de difficultés à leur offrir un bon rendement, précisément à cause des taux négatifs.

Pour Larry Fink, gérant du plus grand fonds de gestion au monde (BlackRock), pour obtenir une retraite annuelle de 48 000 $US à 65 ans, l’américain moyen devra investir aujourd’hui 563 000 $US, au lieu de 178 000 $US auparavant. Inabordable pour la plupart des citoyens de l’oncle Sam.

Quoi de neuf du côté des promos ?