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Tendance des taux immobiliers semaine 40

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Le Brexit prend forme, et chamboule les marchés.

Alors que les signaux montraient brusquement un possible inversement de la courbe des taux immobiliers, voici qu’un nouveau retournement vient de se produire. La France vient d’emprunter sur 10 ans au taux le plus bas de son histoire, ouvrant la porte à un financement bon marché pour les banques. Le responsable est sans doute le Brexit, reste à savoir combien de temps durera la panique.

La tendance des taux immobiliers retourne à la baisse

N’importe qui peut suivre l’évolution des taux immobiliers, dès lors que l’on en connaît le mécanisme. Ce dernier est simple : lorsque le coût de la dette française à 10 ans (OAT 10 ans) augmente, les crédits à l’habitat deviennent plus chers. Et c’est justement ce qui s’est brusquement passé au milieu de septembre, laissant entrevoir la possibilité d’un durcissement des conditions d’emprunt.

Mais le 22 septembre, le gouvernement britannique vint subitement au secours de l’acheteur immobilier français. Ce jour-là le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, annonce vouloir entamer les négociations sur le Brexit dès le début 2017. Les investisseurs institutionnels apeurés par le divorce avec la perfide Albion, se précipitèrent alors de l’autre côté de la Manche.

Résultat : alors que la dette française à 10 ans se rémunérait la veille à 0,233 %, la demande gagnant sur l’offre la France pu ainsi emprunter à 0,137 %.

Et voici que le 28 septembre 2016, les obligations d’État à 10 ans furent acquises pour le taux de rendement le plus bas de leur histoire : 0,093 %. La conclusion qui s’impose est claire : sur toute la semaine dernière la tendance des taux immobiliers devait être à la baisse par effet domino. Voilà qui ne devrait pas ralentir la montée des prix des logements en Île-de-France.

Mais il ne manquait plus que la première ministre anglaise elle-même, pour enfoncer le clou. Lors du congrès annuel du parti conservateur hier dimanche à Birmingham, Teresa May a annoncé vouloir déclencher l’article 50 « avant fin mars l’an prochain ». De joyeuses Pâques en perspective pour les hauts fonctionnaires de l’Union Européenne, qui pour l’instant n’affichent pas leur intention de faciliter la transition.

Cela devrait suffire pour accélérer la fuite des capitaux des investisseurs institutionnels vers la dette française et allemande. Si tel est effectivement le cas, les taux bancaires devraient rester bas, toujours par effet domino. Et la question est : cela va-t-il durer ?

Le spectre de la hausse des taux de la Fed américaine

Quand l’Amérique tousse, le monde est malade et les microbes finissent par attaquer l’économie du pays de l’oncle Sam. Ainsi la banque centrale américaine prend son temps pour rehausser son principal taux directeur. Si elle le fait en décembre comme en cours le bruit au travers des médias, les investisseurs institutionnels auraient tendance à se tourner vers cette dette qui rapporte plus que les obligations européennes.

Le flot d’acheteurs commencera à s’endiguer, obligeant l’agence France Trésor à distribuer plus de rendement sur ses propres obligations. Une mauvaise nouvelle, au moment où l’INSEE nous apprend que la dette française au sens de Maastricht grimpe à 98,4 % du PIB. Toutefois nous n’en sommes pas encore à ce stade. Car d’ici là l’économie chinoise pourrait enclencher une nouvelle crise économique, qui obligerait les banques centrales à continuer leur politique du robinet ouvert.

Pendant ce temps la banque centrale européenne ne voit toujours pas venir l’inflation de 2 % tant attendue. En France les prix à la consommation n’augmentent « que » de +0,4 % sur 1 an, tandis que justement la consommation des ménages grimpe de +0,7 % en août. C’est dans cette ambiance festive que le taux de chômage descend à 9,9 %, une baisse qui selon l’INSEE « concerne toutes les tranches d’âge, particulièrement les jeunes ».

Conclusion : quoi que fasse la Fed américaine, le moment est mal choisi pour les mécanismes financiers français et européen de faire remonter les taux bancaires.

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