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Travaux énergétiques : l’UFC – Que Choisir (re) épingle les RGE

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Les diagnostics énergétiques des professionnels reconnus garants de l'environnement, à nouveau sous les feux de la critique.

Pour obtenir les aides de l’État liées aux travaux énergétiques, il est nécessaire de faire intervenir un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) en amont. Mais le professionnel ne l’est pas tant que ça, comme le rapporte l’UFC – Que Choisir pour sa 2e enquête en 2 ans. Diagnostiques à la va-vite, prix excessifs et devis incomplets, malgré une intervention de la DGCCRF rien ne semble évoluer.

Reconnus garants de l’environnement, mais pas partout le monde

Ça commence à sentir le roussi pour la loi sur la transition énergétique de Ségolène Royal. Le texte incluait l’obligation de l’intervention d’un professionnel RGE, avant de pouvoir obtenir éco PTZ et crédits d’impôt propres aux travaux énergétiques. Mais déjà en 2014 l’UFC – Que Choisir constatait de nombreuses infractions, accompagnées d’un flagrant manque de professionnalisme.

Au cours de cette même année, la DGCCRF (direction de la concurrence du ministère de l’économie) enregistre 2541 plaintes sur la fourniture d’énergie renouvelable, dont 1797 pour pratiques commerciales trompeuses. L’organisme lança sa propre enquête sur 73 entreprises et effectua 108 visites. Bilan de l’opération : un taux d’anomalies de 49,3 %, une procédure civile, 15 procès-verbaux et bien d’autres encore.

Les auteurs du rapport enfoncent le clou : « la détention du label RGE n’apporte pas aux consommateurs la certitude de pratiques commerciales honnêtes ». Alors l’UFC – Que Choisir a décidé de remettre le couvert, pour un menu tout aussi indigeste.

Des préconisations de travaux énergétiques hasardeuses

Pour réaliser son enquête, l’association de consommateurs « a fait intervenir 37 artisans RGE et 5 auditeurs indépendants RGE ». Les devis et rapports d’audit ont été analysés par un cabinet d’expert indépendant, dont les membres ne sont pas près d’oublier ce qu’ils ont lu.

Lors de la préconisation des travaux énergétiques, les diagnostiqueurs sont censés aborder le thème de l’isolation et la production de chaleur. Hélas, aucun des intervenants ne propose une « solution de rénovation globale cohérente et performante ».

Il faut dire à leur décharge que seuls 8 % d’entre eux ont fait « un examen consciencieux du bâti ». Sur les 11 artisans RGE spécialistes en thermique, 1 seul « a fait une évaluation d’ensemble ». Sur les 26 professionnels habilités à la rénovation énergétique globale, seuls 2 ont effectivement procédé à une évaluation globale.

Ainsi l’objectif de la loi sur la transition énergétique semble bien lointain. Alors que les travaux énergétiques devraient réduire la consommation des foyers de 75 % d’ici à 2050, le cabinet indépendant constate une diminution moyenne de 27 %. Et encore, les professionnels se gardent bien de s’y engager sur devis.

Des promesses plutôt que des engagements

Comme le veut la loi, chacun des RGE a remis un devis aux enquêteurs de l’UFC – Que Choisir. S’ils avaient su à qui ils avaient affaire, ils y auraient réfléchi à 2 fois. Si ces professionnels doivent souscrire une assurance dommage ouvrage, 71 % des devis n’indiquent pas le nom de la compagnie d’assurance. De toute façon cela ne servirait pas à grand-chose, car « 94 % des devis sont imprécis sur le libellé des travaux ». L’un d’entre eux a recommandé la pose d’un enduit, qu’il s’est proposé de fournir pour un montant 2,8 fois plus cher que sur le marché.

Pour ne rien arranger, les 50 % de réduction du montant de la facture proposés par 65 % des professionnels ne figure pas sur le devis. Les 5 auditeurs indépendants, plus malins, précisent que les économies d’énergie ne sont mentionnées qu’à titre indicatif.

Et l’on garde le plus beau pour la fin : l’un d’entre eux a promis aux faux clients des économies d’énergie supérieures à l’actuelle consommation de la maison diagnostiquée…

Quoi de neuf du côté des promos ?