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Les aides au chauffage insuffisantes pour 1 Français sur 5

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Les aides au chauffage nécessitent tout de même de financer la moitié des dépenses.

Le rapport de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEM) est accablant. Aujourd’hui 12,2 millions de personnes en France éprouveraient des problèmes pour se chauffer, soit 50 % de plus qu’en 2008. Et pourtant des aides au chauffage existent, mais elles restent difficilement accessibles aux plus démunis, qui doivent financer la moitié des rénovations énergétiques.

Quand se chauffer moins cher coûte trop cher

Une maison ou un appartement ancien mal isolé, reçoit généralement le label G. Cette étiquette est attribuée aux logements consommant en moyenne 550 kWh/m²/an. Les malheureux occupants doivent donc s’acquitter d’une facture annuelle équivalente à 82,5 €/m², ce qui dans un T3 de 65 m² équivaut à 5362 €/an.

S’ils arrivaient à étanchéifier leur habitation jusqu’à obtenir le label D, ils consommeraient en moyenne 160 kWh/m²/an. Leur facture énergétique descendrait ainsi à 1560 €/an, 3 fois moins cher. Oui mais voilà, pour y arriver il est nécessaire de dépenser entre 200 €/m² et 300 €/m² de surface habitable.

Pour un T3 de 65 m², comptez donc entre 13 000 € et 19 500 € de dépenses. Un budget hors de portée pour les 20 % de Français qui ont du mal à se chauffer, faute de moyens.

Des aides au chauffage méritoires, mais insuffisantes

Les gouvernements successifs ont depuis longtemps mis en place des mesures d’incitation fiscale. Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE), permet notamment à un foyer de recevoir une aide financière correspondant à 30 % du montant des dépenses éligibles, dans un maximum de 16 000 € pour un couple seul.

Citons également l’éco PTZ+, qui octroie jusqu’à 30 000 € de crédit gratuit, pour procéder à des travaux de rénovation énergétique. Mais ces 2 dispositifs qui peuvent d’ailleurs être cumulés, nécessitent d’avancer l’argent nécessaire au chantier.

Ils s’adressent donc à des ménages percevant des revenus réguliers et suffisants, motivés autant par le confort thermique que par l’optimisation de leur budget.

Il y a bien sûr les aides au chauffage de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), qui concernent 35 % ou 50 % du montant total des travaux hors-taxes, respectivement dans un maximum de 7000 € et 10 000 €. Toutefois cette aide, si bienvenue soit-elle, s’adresse à des foyers fiscaux aux revenus trop insuffisants pour se permettre de financer le reste.

Par exemple, l’aide de 50 % sera attribuée aux familles de 4 personnes habitant en province, dont les ressources ne dépassent pas 29 400 €/an. Avec 2450 €/mois pour 4 personnes, on voit mal comment ce ménage pourrait économiser tous les mois jusqu’à rassembler le reliquat nécessaire.

Il y a bien sûr le chèque énergie en test dans 4 départements, qui permet à un couple avec enfants de recevoir 227 €/an en aides au chauffage. Condition toutefois : déclarer 10 000 € de revenus par an…

Rénover 500 000 logements par an pour se chauffer mieux

Heureusement les ménages mal chauffés ne sont pas seuls. L’État s’est fixé pour objectif de rénover 500 000 logements entre 2017 et 2020. D’un point de vue mathématique cela donnerait 6 habitants par logements rénovés, en comptant donc les 12,2 millions de mal chauffés.

Pour assurer le complément, il serait bon de trouver des idées pour donner aux propriétaires les moyens de rénover leur habitations mal isolées. Car au bout du compte il y a toujours un autre ménage qui loue un appartement en mauvais état énergétique, sans avoir la possibilité financière de procéder aux travaux.

Bien sûr ils peuvent toujours vendre, mais qui irait investir dans un appartement qui nécessite de lourds travaux de rénovation, alors que l’on peut acheter du neuf avec remise d’impôt ?

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