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Changement d’assurance de crédit immobilier : ces Français qui passent à côté

Christine Lagarde et Benoît Hamon sont parmi les rares ministres à avoir fait voter une loi qui augmente vraiment le pouvoir d’achat des ménages.  Le problème est que le français moyen n’en profite pas, c’est ce qu’il ressort d’une enquête menée par l’assureur MetLife. Malgré une économie de plusieurs milliers d’euros sur la durée des remboursements, l’emprunteur ne sait pas qu’il peut changer d’assurance de crédit immobilier.

Les banques n’ont plus le monopole de l’assurance emprunteur

Une banque impose la présence d’une assurance lors d’un prêt immobilier, comportant au moins les garanties décès et PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie). Ainsi en cas d’accident de la vie, l’assureur prendrait en charge la part des mensualités de l’assuré, sauvant le couple de la faillite et évitant au prêteur de se retrouver avec des impayés sur les bras.

Il existe 2 solutions pour couvrir son crédit immobilier : l’assurance de groupe proposée par la banque prêteuse, ou la délégation d’assurance proposée par des professionnels externes aux prêteurs. Et devinez quoi : les polices des banques sont 2 fois plus chères que celles des compagnies spécialisées. Alors pendant des décennies les banques ont imposé leurs propres formules à leurs emprunteurs, jusqu’à ce que la loi Lagarde de 2011 les prive de ce monopole.

Mais les banquiers avaient plus d’un tour dans leur sac, et refusaient systématiquement les offres de la concurrence, au prétexte qu’elles n’étaient pas conformes. Ce procédé dura 3 ans, jusqu’à ce qu’en juillet 2014 la loi Hamon n’autorise l’emprunteur à changer l’assurance de son crédit immobilier dans les 12 mois suivant la signature de l’offre de prêt, sans préavis et en un claquement de doigts.

Le dispositif fut parachevé par la mise en place d’une fiche d’information standardisée, obligeant les banques prêteuses à expliquer clairement les garanties exigées.

Une assurance crédit immobilier 2 fois moins chère, mais personne ne le sait

Force est de constater qu’1 an après sa promulgation, bien peu de ménages ont entendu parler de la loi Hamon, c’est ce que conclut la dernière enquête de MetLife. Et pourtant le taux de cotisation d’une délégation d’assurance peut descendre à 0,15 %, alors que la banque demande au moins 0,36 %.

Mais lorsque l’outil Quicks Survey de Toluna a interrogé 1000 personnes le 22 juillet 2015, les résultats ont montré que seuls 32,17 % des ménages savent qu’il est possible de s’assurer auprès d’un courtier spécialisé.

Près de 78 % d’entre eux sont persuadés que l’opération n’est possible qu’auprès de leur banque, alors que 47,07 % des participants savent qu’il est possible d’en changer, tandis que près de 23 % sont persuadés du contraire. Les 30 % restants ne savent même pas de quoi il s’agit…

D’ailleurs l’enquête de MetLife montre que 53 % des sondés n’ont jamais entendu parler d’une quelconque réglementation sur les assurances emprunteur. Et pourtant lorsqu’on leur apprend qu’ils peuvent choisir leur police de leur propre chef, près de 54 % seraient prêts à changer le contrat d’assurance de leur prêt immobilier pour payer moins de cotisations.

Et l’on s’aperçoit que l’économie ainsi réalisée n’est pas leur principal souci. Car plus de 38 % des personnes interrogées sont d’accord pour changer de formule, mais à condition d’obtenir de meilleures garanties. Il reste qu’il sera peut-être difficile de franchir le pas. En effet de MetLife montre que près de 43 % des ménages n’y ont « jamais pensé ».

S’ils sont moins de 10 % à avoir confiance en leur banque, plus de 17 % d’entre eux pensent que le changement « risque d’être compliqué ».

Le changement d’assurance crédit : un marché en plein boom

Le directeur général de MetLife France, M. Joël Farré, ne peut que constater que les efforts fournis par les autorités et les professionnels n’ont pas encore mobilisé les consommateurs. Et pourtant le chiffre d’affaires de l’assureur sur ce secteur a bondi de 50 % en juin sur 1 an.

Malgré cela, il est pour l’instant difficile à la concurrence de s’adjuger une part des 7,3 milliards d’euros que représente le chiffre d’affaires de l’assurance emprunteur auprès des banques. Toutefois les choses pourraient bien changer à partir du 1er octobre 2015.

Car dans un peu plus d’1 mois, le conseiller clientèle d’une agence bancaire devra expliquer à l’accédant à la propriété son droit de souscrire une assurance crédit ailleurs que chez lui. Il devra même lui remettre la fameuse fiche d’information standardisée, cases cochées, ce qui indiquera clairement aux assureurs indépendants le contrat type qui conviendrait à la banque prêteuse.

On comprend pourquoi les assureurs spécialisés affûtent d’ores et déjà leurs couteaux.

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