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BCE : 1000 milliards d’euros de rachat de dettes pour rien ?

La Banque Centrale Européenne a racheté 10 % de la dette française.

La Banque Centrale Européenne (BCE) détient désormais 1000 milliards d’euros en obligations des pays membres de la zone euro. Ce colossal rachat de dettes avait pour but de faire baisser les taux d’emprunt, de créer de l’inflation, et au bout du compte de relancer l’économie. Mais peu de ces objectifs ont été atteints, et beaucoup se demandent ce qui se passera lorsque son directeur emblématique, Mario Draghi, n’aura plus de munitions.

80 milliards d’euros de rachat de dettes par mois

Le principe est simple : la BCE qui fait office de planche à billets, se porte acquéreur de la dette des pays membres de la zone euro. Les investisseurs institutionnels qui prêtent aux états sont donc rassurés, car celui qui doit les rembourser est le robinet par lequel coule la monnaie.

La dette des pays de la zone euro devient donc moins chère, à l’image des obligations allemandes et françaises, qui sont même à taux négatifs. C’est plus généralement l’argent qui devient moins cher, avec des banques qui peuvent prêter davantage, à des taux plus intéressants.

Plus il y a d’argent en circulation, plus les agents économiques peuvent en utiliser. Les entreprises en profitent pour faire monter leurs prix, ce qui grossit leurs marges bénéficiaires, et voilà la machine économique relancée après l’ouragan de la crise des subprimes initiée en 2008.

La BCE avait donc commencé avec 60 milliards d’euros de rachat de dettes par mois, pour finalement passer à 80 milliards d’euros l’année dernière, pour aujourd’hui être assise sur un portefeuille de 1000 milliards d’euros de dettes d’État. Malheureusement pour Mario Draghi, cette mécanique bien huilée n’a pas donné tous les résultats escomptés.

Faible inflation, taux de crédit pas toujours en baisse

Les accédants à la propriété français embrasseraient sans doute le directeur de la BCE, s’ils le rencontraient dans la rue. Grâce à sa stratégie, le crédit immobilier coûte 30 % moins chers que l’année dernière. Mais là s’arrête l’influence du programme de rachat de dettes de Mario Draghi, sur le portefeuille des ménages.

On n’observe qu’une légère baisse des taux de prêt à la consommation, et surtout cette fameuse inflation se fait toujours attendre sur la zone euro. Les 0,2 % atteints en août ne suffiront pas à redonner de l’air aux entreprises, et pour ne rien arranger les ennuis de l’Union Européenne ne sont pas terminés.

1000 milliards d’euros de rachat de dettes, et maintenant ?

Il va en falloir des palabres pour négocier des accords commerciaux avec la Grande-Bretagne, avant de pouvoir acter le Brexit démocratiquement voté. L’Espagne n’arrive toujours pas à se former un gouvernement, le programme de restructuration de la Grèce continue de l’étrangler, et l’Italie pourrait se retrouver dans une énième crise politique.

Et puis il y a les élections françaises de 2017, qui pourraient voir les eurosceptiques gravir les marches du perron de l’Élysée.

C’est au milieu de cette mer agitée que la BCE doit jouer son rôle de stabilisatrice. Elle le fera comme le fait une banque centrale : en tentant de rassurer les marchés financiers. Et pour les rassurer il se pourrait que Mario Draghi propose de repousser la fin de son programme de rachat de dettes, sans doute pour le restant de l’année 2017. Certains spécialistes pensent même que la BCE sera bien obligée de racheter de la dette à taux négatifs.

Invariablement la conséquence pourrait être une nouvelle baisse du rendement des obligations, jusqu’à ce les investisseurs institutionnels s’en désintéressent. Et si la croissance ne redémarre pas comme espérée dans la zone euro, il faudra bien sortir de cette spirale infernale. Le problème est que ce programme de rachat de dettes étant tout nouveau, les économistes de la BCE ne peuvent se baser sur aucun fait réel. Il faudra donc trouver une idée et vite, si l’on veut éviter un gros crack.

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