Accueil Justice et alertes Le Bitcoin utilisé pour blanchir de l’argent dans l’immobilier

Le Bitcoin utilisé pour blanchir de l’argent dans l’immobilier

Maison à vendre, États-Unis
Certains propriétaires sont prêts à vendre contre des bitcoins.

Après les sociétés écran propriétaires des beaux quartiers de Londres, voici les bien immobilier de Floride payés en Bitcoin. Les autorités américaines soupçonnent les ressortissants de certains pays sous le coup de sanctions, de profiter de la crypto-monnaie pour blanchir leur argent. Pour autant elles rappellent que ce n’est pas une bonne idée, car le blockchain est traçable.

75 propriétés achetées en Bitcoin sur le sol américain

L’annonce a été rendue publique par le réseau immobilier RedFin, et reprise par l’AFP. À fin 2017 pas moins de 75 maisons et appartements de Floride et de Californie, ont été entièrement payés en Bitcoin. Certains vendeurs ont même trouvé le filon en affichant « Bitcoin accepté » sur leur annonce.

L’AFP rapporte qu’un autre a même choisi de n’accepter que cette crypto-monnaie pour vendre son appartement estimé à 500 000 $ US. Un risque d’ampleur au vu de la forte volatilité des monnaies virtuelles, qui affichaient presque toutes des pertes la semaine dernière. Mais les spécialistes doutent que la pratique ne devienne une habitude.

Détourner les sanctions américaines

La moitié des acheteurs de biens immobiliers en Bitcoin serait originaire d’Amérique latine, en premier lieu du Venezuela. Dans l’entourage de Thomas Maduro on cherche par tous les moyens à mettre l’argent du pétrole en lieu sûr. Or les sanctions imposées par les États-Unis visent principalement les élites dirigeantes.

Acheter des Bitcoins puis s’en servir pour payer des biens immobiliers au pays de l’oncle Sam, est un moyen de blanchir l’argent en évitant les sanctions sur les transferts. En revanche cette manœuvre ne présente nullement de discrétion, au contraire des sociétés écrans des quartiers chics de Londres.

Des pistes difficiles à remonter

Selon l’économiste Charles Evans, cité par l’AFP, toutes les transactions en Bitcoin sont enregistrées dans le Blockchain, sorte de stockage public de données. Certes les noms des vendeurs et des acheteurs sont des pseudos, mais de telles manœuvres laissent de fortes empreintes digitales. « Le gouvernement fédéral devrait disposer de tous les outils pour venir vous chercher », prévient l’ex candidat républicain au Sénat, José Félix Díaz.

Mais entre les annonces d’un politicien et la réalité, il y a un monde. Car dans la réalité les spécialistes du blanchiment d’argent via la Cryptomonaie, utilisent une VPN. Ce dispositif leur permet de faire croire aux navigateurs qu’ils se connectent depuis n’importe quelle partie du monde.

Dans la pratique il faudrait une longue procédure judiciaire pour obliger les sociétés exploitant de ce type de serveur à révéler les données privées de leurs utilisateurs.

À la mi-décembre, les états membres de l’Union Européenne se sont mis d’accord pour renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent. Un rapport estimait notamment que certains actes terroristes avaient pu être financé via des plates-formes de monnaie virtuelle.

L’une des décisions prises consiste notamment à obliger ces plates-formes à identifier leurs utilisateurs.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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