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Bulle immobilière en vue en Angleterre ?

Selon l’organisme de crédit Halifax, le prix des logements londoniens a bondi de près de +26 % en 1 an. Qu’à cela ne tienne, les Britanniques peuvent bénéficier d’un programme Help To Buy, dans lequel l’État se porte garant. Résultat : près d’un tiers des emprunteurs anglais sont endettés sur plus de 25 ans. Et il le faut bien lorsque l’on se rend compte que le prix moyen d’un logement à Londres est de 503 000 €.

Les prix de l’immobilier anglais s’envolent

Selon l’organisme de crédit Halifax, cité par boursier.com, sur la période mai – juillet les prix de l’immobilier en Angleterre ont bondi de +10,2 %, par rapport à l’année dernière. D’autres sources avancent que la progression est en fait de près de 12 % sur 1 an. Tout le monde s’accorde à dire que les prix du mètre carré londonien ont percuté tous les records, avec +26 % sur 1 an.

Comptez 503 000 € en moyenne pour un appartement à Londres

C’est à Londres que se trouve l’appartement le plus cher du monde, ce qui n’est guère surprenant au vu des prix du mètre carré. Il faudra compter en moyenne 503 000 € pour acquérir un logement dans la capitale anglaise. Récemment, une agence immobilière londonienne a mis en vente un appartement de 30 m² pour le modeste prix de 1,3 millions d’euros. La très chic Foxton Real Estates propose ainsi un studio à 43 000 €/m².

Et tout cela à cause des milliardaires des pays émergeant ? Pas du tout, à cause du système bancaire, et c’est bien là qu’est le problème.

Un programme d’incitation nommée Help To Buy

Le premier ministre David Cameron propose à ses citoyens un programme d’achat immobilier, nommé Help To Buy. Ce dispositif permet à des classes moyennes d’acheter de l’immobilier, avec la caution financière de l’État anglais. En cas de défaut de paiement des emprunteurs, l’État devra mettre la main à la poche.

Et c’est bien là le problème, car le système est tellement souple qu’il ne suffit que d’un apport personnel de 5 % pour acheter un logement de 740 000 €. La situation ne serait pas trop grave si les banques n’en profitaient pas à tour de bras. Prêtes à prendre des risques comme dans tout système libéral qui se respecte, les organismes de crédit ne regardent que peu le profil emprunteur de leurs clients.

Il faut dire qu’ils disposent d’une sécurité au cas où les choses tournent mal : le taux variable. Alors qu’en France la majeure partie des prêts immobiliers est à taux fixe, en Angleterre les mensualités des ménages emprunteurs peuvent augmenter, exactement comme aux États-Unis entre 2007 et 2008.

Les risques d’une bulle immobilière en Angleterre

Si les prix de l’immobilier montent, les ménages sont bien obligés de s’endetter davantage pour devenir propriétaires. Et pour qu’ils s’endettent, les prêteurs sont obligés de prendre des risques. Trop de risque aux yeux de l’OCDE, qui dans un rapport rendu public en février 2013, pointait déjà du doigt les risques de bulle immobilière. « Les ménages deviennent progressivement plus vulnérables à des chocs sur les revenus des taux d’intérêt ». En clair, si les mensualités des prêts immobiliers des classes moyennes venaient à augmenter, les défauts de paiement pourraient être nombreux.

Parmi tous ces défauts de paiement, se trouveraient un bon nombre de prêts immobiliers souscrits dans le cadre du programme Help To Buy. Cela signifierait que l’État anglais serait obligé de payer les mensualités à la place des ménages. Une intervention de la banque centrale serait nécessaire, à l’image de la politique monétaire de la BCE pour relancer l’économie.

Pour ce faire, le gouvernement anglais n’aurait que 2 solutions. La première consisterait à faire fonctionner sa planche à billets, ce qui risquerait de déboucher sur une inflation. La 2e consisterait à emprunter pour rembourser, ce qu’une nécessiterait de durcir la fiscalité.

Aucune mesure efficace à l’horizon

En cas de défaut de remboursement, il y aurait toujours la possibilité de restructurer les dettes des ménages, mais à condition que ces derniers aient un emploi fixe. Or le chômage est généralement une des conséquences systémiques d’une bulle immobilière.

La banque d’Angleterre a certes réagi en plafonnant le montant des emprunts à 4,5 fois le revenu annuel des ménages, mais les organismes de crédit n’ont pas l’air de suivre. Il faudra pourtant bien refroidir cette frénésie, sous peine de déclencher un choc économique, particulièrement mal venu au moment où les politiciens anglais parlent de quitter l’Union Européenne.

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