Accueil Actualités

Les chiffres effarants de la construction européenne

La dette immobilière des ménages hollandais par rapport à leurs revenus, dépasse l'entendement.

Avec le même budget, on peut acheter 20 fois plus grand à Debrecen qu’à Londres. La construction européenne la plus dynamique est celle de la Russie, alors que le pays est en pleine récession. Les hollandais sont surendettés, le marché irlandais en plein déficit, voici les perles de l’étude du cabinet Deloitte sur le marché résidentiel en Europe.

Le Portugal construit moins d’1 logement pour 1000 habitants

Il ne fait pas bon être maçon au Portugal, par les temps qui courent. Le nouveau champion de foot européen ne construit que 0,7 habitations pour 1000 habitants, avec pourtant une croissance du PIB de 1,5 %, mieux qu’en France.

Mais à la réflexion, pourquoi aurait-il besoin de construire, alors que le pays renferme près de 600 habitations neuves en stock pour 1000 citoyens…

Soyons fair-play, le marché du bâtiment portugais n’est pas le seul à afficher de si piètres performances, ainsi les mauvais élèves de la zone euro l’accompagnent en queue de peloton. L’Italie ne construit que 0,8 habitations pour 1000 habitants, tandis que l’Espagne arrive tout de même à 1 pour 1000, après une crise immobilière sans précédent.

La Russie, championne de la construction européenne

Depuis que Vladimir Poutine s’est fâché avec l’Union Européenne, la Russie a vu la courbe de sa croissance s’inverser à -3,7 % en 2015. Cela n’empêche pas son marché de la construction d’être le plus dynamique d’Europe. Oui, le cabinet Deloitte place la Russie en Europe, tout comme le fait l’UEFA.

Même si la production a baissé en 2015, elle atteint toujours 7,6 habitations neuves pour 1000 individus. Et la France dans tout ça ? Elle en construit 5,5, prenant ainsi la 3e place derrière l’Autriche, dont les chantiers produisent 6,2 logements neufs pour 1000 habitants.

Appartements neufs les moins chers d’Europe : 1000 €/m²

Debrecen est une jolie ville aux larges avenues, qui a su résister au goût douteux des architectes staliniens. La capitale du comitat de Hajdú-Bihar se trouve être la 2e plus grande ville de Hongrie, derrière Budapest. Elle est également celle d’Europe où les prix de l’immobilier neuf y sont les plus bas : 1000 €/m².

Un budget de 200 000 € permet donc d’acheter 201 m², beaucoup plus que les 19 m² dont on devra se contenter à Paris. Sinon pour trouver le soleil il faut descendre à Porto, ou pour ce même budget on emménagera dans un magnifique appartement neuf de 156 m².

18 000 € le m² neuf dans le centre de Londres

Il faut plus de 10 ans de salaire d’un anglais de base, pour acheter un appartement neuf dans sa capitale. Les Français ne sont d’ailleurs pas forcément mieux lotis, avec 8 années de revenus à remplir dans un bas de laine avant de pouvoir enfiler ses chaussons.

C’est qu’avec 18 000 €/m² pour emménager dans le centre de Londres, le budget est 5 fois supérieur à la moyenne nationale. Les Français sont toutefois mal placés pour se moquer. Avec plus de 10 000 €/m² dans Paris intra-muros il faudra prévoir 3 fois plus que ce qu’il en coûterait dans le reste de la France. Nous voici donc vice champion d’Europe en termes de cherté de l’immobilier neuf.

La faramineuse dette immobilière des hollandais

En France, on constate la présence grandissante de dette immobilière dans les dossiers de surendettement. Et pourtant d’après les chiffres du cabinet Deloitte, l’encours moyen représente 70 % des revenus des ménages franchouillards.

Chez les hollandais, la dette immobilière atteint près de 200 % des revenus disponibles des emprunteurs. Attention toutefois à la mésinterprétation des chiffres, car aux Pays-Bas on pratique un type de remboursement basé sur le principe du in fine. Le capital ne diminue donc pas à la fin des remboursements. Quand même, en cas de défaut de paiement, ça fera mal aux banquiers.

Pendant ce temps, loin derrière, la dette immobilière des ménages russes ne représente même pas 10 % de leurs revenus. Forcément, quand ils ont de l’argent ils le placent à Londres au travers de sociétés-écrans.

Irlande : le marché le plus fou de toute la construction européenne

On imagine la tête des promoteurs irlandais et des banques qui leur ont prêté, lorsqu’ils ont compris qu’ils allaient quitter l’Union Européenne. Car sans la possibilité de jouer les paradis fiscaux pour les multinationales qui opèrent de l’autre côté de la Manche, le marché de la construction irlandais pourrait bien s’écrouler.

En 2014 une habitation neuve coûtait environ 17 % moins chère qu’un logement ancien. Puis en l’espace d’1 an la tendance s’est complètement inversée, le neuf est désormais 19 % plus cher que l’ancien. Les prix ont tout simplement bondi de plus de 20 % en 1 an.

Mais bon, c’est encore abordable, à Dublin il faut compter un peu plus de 4000 €/m². Et après tout la dette immobilière des ménages irlandais ne représente que 100 % de leurs revenus.

Alors qu’en France on peut négocier au-delà de -10 %, les promoteurs irlandais vendent leurs appartements neufs à 56 % au-dessus du prix catalogue. Si si.

En cause : une offre largement inférieure à la demande. En 2015 on a construit 2,7 habitations pour 1000 âmes, et l’on n’en a autorisé que 1,7. Quand le Brexit sera acté, le marché de la construction irlandais pourrait faire un gros badaboum. Et les heureux nouveaux propriétaires se retrouveront alors avec un bien immobilier dévalué, qu’ils ont payé surévalué.

Posez vos questions, commentez

commentaires