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Coût de la dette française à 10 ans : 0,138 % !

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Le soleil se lève sur une nouvelle ère financière pour la dette française ?

Certes on s’attendait bien à ce que le vote des Anglais en faveur du Brexit fasse passer les capitaux de ce côté-ci de la Manche. Mais qui aurait été capable de prédire, il y a seulement 10 jours, que le coût de la dette française à 10 ans descendrait à l’incroyable niveau de 0,138 % ? D’ailleurs la tendance pourrait très bien continuer, jusqu’à devenir problématique à moyen terme.

Le coût de la dette française bientôt en négatif ?

Ha ça pour un séisme, c’est un séisme. Le futur-ancien Premier ministre Anglais David Cameron doit se mordre les doigts, d’avoir eu cette maudite idée de référendum sur la sortie de l’Union Européenne. Si les habitants de la zone londonienne, les Écossais, les Irlandais et les Gallois ont voté pour le maintien, les Anglais du reste du monde ont été plus nombreux à voter pour le Brexit.

En conséquence, depuis le 24 juin les investisseurs retirent leurs capitaux de Grande-Bretagne, au point d’obliger certains gestionnaires à geler leurs fonds. La dette du Royaume-Uni devient une patate chaude, l’agence de notation Standard & Poor’s lui enlève son célèbre AAA, pour la dégrader en un AA, 2 étages plus bas.

Alors les investisseurs institutionnels se tournent vers les bonnes vieilles valeurs de la zone euro. Ainsi les obligations françaises à 10 ans passent d’un rendement de 0,455 % le 23 juin, à 0,138 % le 5 juillet. Grâce au Brexit, la France verse 3 fois moins d’intérêts aux investisseurs suffisamment gentils pour lui prêter de l’argent.

Au 31 mai 2016, l’encours total de la dette française s’établissait à 1 624 661 825 596 € (mille six cent vingt quatre milliards six cent soixante et un millions huit cent vingt cinq mille cinq cent quatre vingt seize euros), pour une durée de vie moyenne de 7 ans et 85 jours.

Alors on finit par se demander si l’agence France Trésor ne va pas emprunter à des taux négatifs sur 10 ans, comme l’Allemagne. De l’autre côté du Rhin, les bonds d’État à 10 ans s’arrachent à -0,19 %. Cela signifie que les investisseurs payent pour prêter de l’argent à la première puissance économique de la zone euro.

Les Français pas encore champions

Si le coût de la dette allemande est le moins élevé de la zone euro, celui de la dette française est concurrencé par ses voisins des pays froids. Les Autrichiens empruntent sur 10 ans à 0,12 %, la Finlande à 0,07 %, et les Pays-Bas tout près de la zone négative, à 0,02 %.

Nos voisins les Belges font un peu bien moins que nous à 0,16 %, tandis que les derniers de la classe zone euro sont les Grecs, avec 8,23 %.

Le coût de la dette baisse, et les problèmes remontent

Le consommateur français ne peut que se réjouir de la chute du coût de sa dette, car la première incidence sera une très possible baisse des taux de crédit. En revanche avec une rémunération si faible, il doit s’attendre à une perte de performance de son placement bancaire préféré : l’assurance vie en support euros. Car avec si peu d’opportunités sur les marchés obligataires, les assureurs et fonds de pension vont être obligés de rogner sur le rendement.

À moins de se tourner vers l’immobilier, au risque de créer une bulle sur les immeubles de bureaux. Ainsi à moyen terme la chute du coût de la dette française pourrait se retourner contre le particulier. Et l’on ose même pas parler des conséquences d’une explosion de la bulle obligataire, sujet qui ne va pas manquer de revenir dans les médias au cours des prochains jours.

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