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Les crédits immobiliers officiellement sous les 2 %

Les taux immobiliers chutent de 22 points de base dans la construction.

À la lecture du marché obligataire, on s’attendait bien à une possible légère baisse des taux des crédits immobiliers. Les chiffres rendus publics hier laissent pourtant pantois : la moyenne des remboursements sur 25 ans descend à 1,99 %. Mais ce n’est pas tout, car il est peu probable que l’effet Brexit ait pris toute son ampleur, et la tendance baissière pourrait bien continuer en juillet.

Des crédits immobiliers à 1,60 % de moyenne

Au prix que coûte l’argent aujourd’hui, quiconque possède suffisamment d’apport personnel a plus intérêt d’acheter plutôt que de louer. Le compte rendu mensuel de l’observatoire conjointement mené par l’institut de sondage CSA et la société de caution Crédit Logement, est formel. En juin les contrats des crédits immobiliers ont été signés au taux imbattable (pour l’instant) de 1,60 % de moyenne, soit :

  • 1,99 % sur 25 ans,
  • 1,67 % sur 20 ans,
  • 1,44 % sur 15 ans.

Un logement acheté 200 000 € et financé à 100 % par une banque (les acquéreurs payent les frais d’achat sur leur épargne), donne donc des mensualités de :

  • 847 € sur 25 ans,
  • 981 € sur 20 ans,
  • 1237 € sur 15 ans.

À cela il convient d’ajouter une assurance emprunteur couvrant tous les accidents de la vie, qui si elle coûte 0,4 % du capital emprunté, se résume à 67 €/mois.

Les crédits immobiliers longues durées privilégiés par les ménages

Lorsqu’à l’hiver 2008 la moyenne des taux dépassait les 5 %, on conseillait aux acheteurs de ne pas s’endetter sur de longues durées. Car les mensualités des crédits immobiliers amortissables sont majoritairement composées d’intérêts, au cours des premières années. Mais avec une fourchette allant de 1,66 % à 2,37 % sur 25 ans (moyenne juin 2016), la question ne se pose presque plus.

Un couple qui acquiert un logement ancien à 200 000 €, aura généralement besoin d’un apport personnel de 20 000 €. S’il bénéficie du plus mauvais taux de 2,37 % sur 25 ans, à la fin de la 3e année il lui restera un capital de 181 767 € à rembourser, et rentrera ainsi dans ses frais quelques mois plus tard.

Les Français ont majoritairement recours à des remboursements sur 20 à 25 ans, qui représentent 36,5 % des contrats. Les longues durées de 25 à 30 ans continuent leur progression, et comptent aujourd’hui pour près d’1 contrat sur 5. En revanche les ménages se désintéressent progressivement des crédits immobiliers de 10 à 15 ans, qui ne pèsent plus que 12,6 % de l’ensemble.

Et ça va descendre encore longtemps ?

Le marché des crédits aux particuliers n’en est pas à une baisse record près. Car si la descente d’une moyenne de 1,77 % en mai à 1,60 % en juin résulte du bon marché de la dette française, le Brexit devrait continuer ce travail de sape.

Depuis que les Anglais ont majoritairement voté « non » à l’Europe, les investisseurs institutionnels se replient sur la dette des poids lourds de l’Union Européenne. Celle de la France en fait partie, elle est ainsi passée de 0,4 % le 23 juin (date du vote), à 0,2 % le 30 juin. Il est donc peu probable que la moyenne des taux des crédits immobiliers du mois dernier ne reflète l’effet Brexit.

Si la fuite des capitaux de ce côté-ci de la Manche continue, les emprunteurs de juillet pourraient réaliser d’encore meilleures affaires que leurs prédécesseurs de juin.

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