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Ces crédits renouvelables qui empoisonnent les surendettés

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La trésorerie facile et discrète coûte cher, et doit se rembourser de toutes manières.

Quand les ressources deviennent insuffisantes pour payer les mensualités, 2 types de comportements peuvent survenir. Le premier consiste à avertir les créanciers, afin d’établir une restructuration de dettes. Le second consiste à emprunter pour rembourser au moyen de crédits renouvelables, une erreur que l’on retrouve dans 69 % des dossiers de surendettement.

1,8 milliards d’euros de crédits renouvelables impayables

Sur l’ensemble des dossiers en procédure de rétablissement personnel gérés par la Banque de France, on compte 6,4 milliards d’euros de dettes financières. Les dettes à la consommation représentent 54 % de l’ensemble, tandis que les dettes immobilières y représentent 43 %.

Au niveau national, régions d’outre-mer comprises, on retrouve des crédits renouvelables dans 69 % des dossiers de surendettement recevables. Ils contiennent 3,5 dettes en moyenne, ce qui tente à démontrer que les consommateurs malheureux ont eu recours à cette trésorerie facile et discrète pour payer leurs impayés.

Une mauvaise idée, car les 1 883 milliards d’euros de crédits renouvelables présents dans les dossiers en procédure de rétablissement personnel, sont responsables de 30 % de la dette insolvable totale.

Davantage de crédits renouvelables dans les départements les plus pauvres

L’Observatoire des Inégalités considère qu’un ménage est pauvre, lorsque ses revenus nets après impôts et aides sociales, ne dépassent pas 50 % du revenu médian de la population. Le département de France le plus pauvre serait la Seine-Saint-Denis (93), où 14,5 % des foyers sont concernés. On y trouve des crédits renouvelables dans 76,9 % des dossiers de surendettement traités par la Banque de France locale. Avec plus de 56 millions d’euros, ils représentent ainsi 39 % de la dette financière.

Même son de cloche chez les ménages surendettés du Pas-de-Calais. L’Observatoire y comptabilise 11,3 % de foyers vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les dossiers en cours de rétablissement personnel incluent 62,5 millions d’euros de crédits renouvelables, présents dans 71,5 % des cas. Avec une moyenne de 3,6 dettes différentes souscrites, ils représentent 36 % des problèmes financiers.

Une situation plus difficile pour les locataires

On ne trouve que 13 % de dettes immobilières au sein des dossiers de surendettement recevables. C’est que les banques étudient strictement la capacité de remboursement des emprunteurs, qu’elles déterminent justement eu égard à leur stabilité professionnelle. Mais les sociétés de crédit classiques sont moins regardantes lorsqu’elles accordent des prêts à la consommation.

Au final, 83,3 % des redressements personnels en cours incluent une dette à la consommation totale de 3,45 milliards d’euros.

Ces impayés seront d’autant plus difficiles à restructurer, que le débiteur est locataire. S’il est propriétaire, il a des chances de pouvoir restructurer l’ensemble de ses dettes à un taux immobilier avantageux. S’il n’a aucune garantie hypothécaire à apporter, non-seulement sa tâche sera plus dure, mais il sera davantage seul.

Car si le moyen le plus rapide de trouver un plan de regroupement de dettes est d’utiliser les services d’un courtier en rachat de crédit, ces derniers sont davantage intéressés par les propriétaires. Non seulement le dossier sera plus facile à traiter, mais il est plus lucratif.

Il n’est pas rare qu’un cabinet de courtage perçoive une rémunération de 5000 € par restructuration de dette propriétaire aboutie. Lorsqu’il s’agit de restructurer des prêts à la consommation, le chiffre d’affaires du courtier peut être 5 fois plus faible, pour 2 fois plus de travail.

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