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Dette grecque : emprunter pour rembourser, est-ce bien raisonnable ?

Ce week-end le premier ministre grec Alexis Tsiparas a entamé un marathon économico-diplomatique, qui s’est terminé par un divorce avec le FMI. Lui et son compère, le professeur d’économie Yánis Varoufákis, vont alors tenter de faire exactement ce qu’il ne faut pas faire lorsque l’on est endetté : emprunter pour rembourser. Car ce n’est pas tant la date butoir du 30 juin et ces 1,6 milliards d’euros qui devraient préoccuper le monde financier, mais les échéances plus importantes qui tomberont dans quelques semaines.

La Grèce doit rembourser 6,8 milliards d’euros à la BCE dans 1 mois

Ce qui fonctionne dans un pays ne marche pas forcément chez les autres. Si le Canada a réussi à abaisser sa dette de 30 % par rapport à son PIB de 1997 à 2007, les Grecs eux, n’y arriveront certainement pas. En ce moment leur problème est de trouver les 1,6 milliards d’euros qu’ils doivent rembourser au FMI le 30 juin. Cette somme, Athènes ne l’a pas et Christine Lagarde n’a aucune intention de re-re-restructurer la dette grecque, tout du moins dans ces conditions.

Alors le premier ministre Tsiparas, flanqué de son compère économiste, se tournent vers l’Eurogroupe pour leur emprunter le montant de ce qu’ils doivent rembourser au fonds monétaire international.

En France, les ménages endettés ont recours aux prêts de trésorerie pour payer leurs mensualités, puis finissent par accumuler les échéances jusqu’au point de non retour.

Et c’est exactement ce que le duo hellénique est en train de faire : s’endetter pour se désendetter. Car si aujourd’hui la Grèce n’est pas en mesure de régler 1,6 milliards d’euros au FMI, comment pourra-t-elle verser les 6,8 milliards d’euros dus à la BCE en juillet et août ? Cette fois-ci vers qui devront-ils se tourner ? Les Russes, les Chinois ?

Le risque du défaut de paiement grec

Si Athènes ne rembourse pas le FMI le 30 juin, la Grèce sera alors en défaut de paiement, tout du moins envers l’organisme géré par Christine Lagarde. La première conséquence sera la fermeture du robinet que sont les ressources générales et droits de tirages spéciaux, vraisemblablement au bout de 2 mois. Toutefois le pays restera dans la zone euro, tendant encore plus les bras vers ses bons vieux partenaires européens.

Oui mais voilà, si jamais la Grèce fait défaut envers la banque centrale européenne, ce sera sans doute beaucoup plus grave. Ainsi dans les semaines à venir, les spécialistes vont tenter d’analyser au travers des medias ce qui se passera si jamais Athènes n’est pas en mesure de régler sa dette auprès de la BCE, le mois prochain.

Mario Draghi va devoir faire fonctionner ses méninges , et sans doute sa planche à billets.

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