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La dette immobilière des Français parmi les plus fiables de l’UE

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En termes de dette immobilière, la France est bien placée parmi ses voisins européens

En France les crédits à l’habitat sont à taux fixe, et la construction de logements neufs repart. La dette immobilière du ménage franchouillard s’en trouve être relativement sécurisée, par rapport à certains de ses voisins européens où une bulle pourrait bien éclater. Focus sur la 4e étude du Crédit Foncier sur le marché du crédit immobilier résidentiel.

Une dette immobilière parmi les plus faibles d’Europe de l’Ouest

On parle beaucoup de la Grèce, mais l’Union Européenne ferait bien de se tourner vers le Danemark. Au royaume de Margrethe II la dette immobilière par ménage propriétaire atteint 189 063 €, contre 21 234 € dans la péninsule hellénique. Il faut dire qu’en Europe du Sud, 51,8 % des ménages propriétaires n’ont ni crédit immo ni hypothèque, contre 23,9 % en Europe du Nord.

Si l’on s’en réfère aux revenus moyens en unités standards de pouvoir d’achat (source INSEE), un Danois gagne 19 349 €, pour 19 221 € en France à niveau de vie égal. Or, dans la patrie de Molière la dette immobilière par ménages propriétaires est de 47 096 €, soit 4 fois moins.

Le Danemark ferait donc bien de se méfier d’un risque d’éclatement de sa bulle immobilière, alors que le marché du logement français apparaît relativement sécurisé. Rappelons toutefois qu’une épée de Damoclès plane sur l’immobilier de bureau de l’Hexagone, aujourd’hui surévalué jusqu’à 30 % d’après le lanceur d’alerte de l’État.

Les Français réservent une place au crédit à la consommation

On serait tenté de dire que dès lors que les prix du m² sont élevés, la dette immobilière des ménages est élevée. C’est presque vrai, sauf que les parisiens ont un encours de crédits de trésorerie qui bat tous les records. Toutefois dans les états nord-européens comme la Hollande et le Danemark, les crédits à l’habitat représentent 95 % des crédits totaux. La Belgique et la Suède ne font pas mal non-plus, avec 94 %.

Dans ce contexte la France apparaît comme un pays au marché du logement stable, avec 85 % de place de la dette immobilière dans l’encours total des crédits des ménages. On citera au passage les 50 % de la Bulgarie et la Roumanie, qui s’expliquent par le fait que 76,7 % des propriétaires de l’Europe de l’Est n’ont ni crédit immo ni hypothèque.

Les Bulgares et les Roumains ont donc plus de place pour le prêt à la consommation que n’en ont les ménages français. Pour autant ces derniers ne négligent pas le crédit à l’équipement, dont l’encours de 439,2 milliards d’euros est juste 2 fois inférieur à celui du crédit à l’habitat, situé à 978,7 milliards d’euros (source : Banque de France).

La dette immobilière des Français augmente moins que celle des Anglais

Attention à ne pas mais mal interpréter les chiffres. Au regard de l’enquête du Crédit Foncier, on constate que la dette immobilière des Français à bondi de +3,4 % en 1 an. Celle des habitants du Royaume-Uni n’a gagné « que » +3 %, malgré des prix du m² en ultra inflation, particulièrement à cause des investissements dans l’immobilier de luxe londonien.

Car cette progression derrière celle des Français, masque une difficulté à devenir propriétaire pour les habitants de la périphérie de la capitale anglaise. En vérité la dette par ménages propriétaires en Grande-Bretagne atteint 82 525 € soit le double de celle des Français, alors que leurs revenus standards en pouvoir d’achat sont plus faibles : 16 826 €.

Résumons : plus de dette immobilière donc, des logements surévalués une capacité de remboursement moins importante, il se pourrait que le marché soit plus stable de ce côté-ci de la Manche. C’est sans doute ce qui explique en partie le retour des riches Anglais sur l’immobilier de luxe parisien.

En revanche les habitants du Luxembourg ont moins de souci à se faire. Avec 28 030 € par ménage, le revenu standard de pouvoir d’achat est le plus élevé de toute l’Union Européenne. Et il faudra bien cela pour éponger les 159 497 € de dette immobilière que les propriétaires détiennent, prenant ainsi la 2e place du classement juste derrière le Danemark.

Toutefois l’ancien paradis fiscal pourrait avoir intérêt à surveiller son marché du logement. L’encours de crédits à l’habitat à grandi de +6,2 % dans le Grand-Duché, alors qu’il a baissé de -4,7 % en Espagne, où la bulle avait explosé avec l’arrivée de la crise économique de 2008.

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