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Grèce : les crédits à la consommation des plus démunis vont être effacés

La banque de Pirée, première banque grecque, a créé la surprise en annonçant un plan massif de restructuration de dettes. Ses clients les plus démunis se verront ainsi effacer jusqu’à 20 000 € d’ardoises sur leurs crédits à la consommation, et les prêts immobiliers insolvables seront gelés. Les dirigeants ne le font pas de gaîté de cœur au vu de l’état de leurs finances, mais pour respecter une loi votée par la nouvelle majorité.

Restructuration de dettes pour lutter contre la pauvreté

Jeudi 24 avril, la banque de Pirée a mis en application une mesure qui restera dans les annales de l’histoire de la finance. Les crédits à la consommation détenus par ses clients les plus démunis à hauteur de 20 000 €, seront complètement effacés. En supplément les mensualités des prêts immobiliers seront gelées, et les intérêts passeront également à la corbeille.

Les heureux bénéficiaires sont des ménages dont la situation personnelle, professionnelle et financière les rend éligibles à un programme d’aide sociale mis en place par le nouveau gouvernement d’Alexis Tsiparas.

Une ligne rouge à ne pas franchir

Même si la partie n’est pas gagnée d’avance, le nouveau gouvernement grec n’entend pas abandonner les valeurs pour lesquelles il a été élu. Lors d’une discussion à Bruxelles, un porte-parole cité par Reuters a même été on ne plus clair sur ce sujet : « nous ne franchirons pas nos lignes rouges ».

Si Athènes cherche une restructuration de sa dette, son ministre de l’économie Yanis Varoufakis promet en échange de ne pas demander un effacement d’ardoise. Mais il faudra trouver une solution rapidement, car si un accord n’est pas validé lundi la Grèce pourrait ne pas être en mesure de rembourser une échéance de 750 millions d’euros, due au FMI le 12 mai.

Mais il y a plus grave pour le gouvernement en place, car un manque de liquidité empêcherait tout simplement Athènes de payer ses pensions de retraite ainsi que le salaire des fonctionnaires à la fin du mois.

La banque de Pirée est déjà dans le rouge

Toutes ces inconnues face à l’avenir de la Grèce poussent certains épargnants à vider les coffres des banques. Dans un communiqué paru le 19 mars, la banque de Pirée a avoué accuser une perte de 332 millions d’euros au 4e trimestre. La situation est donc difficile pour la première banque grecque, qui se retrouvait avec un trou de 1,56 milliards de dollars sur 1 an, à la fin du 3e trimestre 2014.

Toutefois l’opération de restructuration et d’effacement de dette ne devrait pas lui causer tort. Effectivement les prêts immobiliers et consommation en défaut de remboursement pèsent 38,8 % de l’encours total de ses créances au 4e trimestre. Il n’y a quasiment aucune chance pour que ces dettes insolvables soient remboursées, un effacement pur et simple ne devrait pas changer beaucoup quant à ses perspectives financières pour les mois à venir.

Ce qui est plus préoccupant, est que les dépôts ont diminué de 6,9 milliards d’euros rien que pour les 2 premiers mois de l’année, alors que les habitants se préparent à une éventuelle sortie de la zone euro.

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