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Les Français ont froid chez eux malgré les aides de l’État

Plus d'1 Français sur 2 a froid chez lui. © Arestov Andrew - Fotolia.com

Ils savent qu’un logement perd sa chaleur par le toit et les fenêtres, et ils savent que l’État finance les aides pour travaux d’isolation. Oui mais voilà, leur budget personnel est plutôt réduit, ils préfèrent mettre 2 couches de pull-overs plutôt que de monter le chauffage. Voici l’aberrant résultat d’un sondage Opinion Way pour Teksial, qui démontre que décidément le froid entre plus vite dans les chaumières que l’information.

S’habiller davantage plutôt qu’isoler

Sur les 1000 personnes interrogées par Opinionway le 20 et le 21 janvier, plus de la moitié (56 %) avouent avoir froid dans leur logement « malgré l’utilisation du chauffage ». Pour 15 % des ménages cet inconfort thermique arrive même souvent. Ils ne sont que 13 % à ne jamais ressentir la fameuse sensation de froid aux pieds.

Mais l’être humain sait s’adapter à son environnement. Ainsi 64 % vont s’habiller plus chaudement pour résister à la morsure de l’hiver. Et si cela ne suffit pas, 36 % vont s’envelopper d’un plaid ou d’une couverture.

Les temps économiques sont difficiles, seuls 22 % vont préférer augmenter le chauffage. D’ailleurs c’est bien simple, les chiffres de l’INSEE montrent les dépenses d’énergie des ménages sont en baisse au 4e trimestre 2015.

Ceux qui ont une cheminée brûlent des bûches, mais ils ne sont que 15 %, alors que 17 % choisissent le bon vieux remède de grand-mère : boire des boissons chaudes.

On dit que le français est inventif et productif, et pourtant seuls 11 % d’entre eux pensent à bloquer l’air froid, par exemple en mettant un boudin sous la porte. Et l’on en trouve encore 5 % pour se remplir une bouillotte.

Le prêt travaux à taux zéro ? Connais pas…

Pour 64 % des ménages français, la température idéale au sein du logement se situe entre 18 et 20°. Mais ils sont quand même 33 % à préférer vivre au-dessus de 20°. Toutefois pour arriver à cet objectif, ils ne sont pas prêts à mettre la main à la poche. Seuls 20 % d’entre eux considèrent dépenser plus de 5000 €, alors que la rénovation énergétique est un placement rentable.

Le Français est résistant, il préfère enfiler 2 paires de chaussettes plutôt que d’isoler fenêtres, portes et plafond. Et pourtant près d’1 sur 3 pense que les aides financières de l’État peuvent représenter plus de 40 % du coût des travaux de rénovation.

Un dispositif comme l’éco-prêt à taux zéro permet d’obtenir un prêt travaux gratuit, pour un montant maximum de 30 000 €. Il existe également le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), pouvant atteindre 5040 € pour un couple avec 2 enfants.

Si les 2 peuvent être cumulables sous conditions de revenus, choisir entre le CITE et l’éco prêt à taux zéro est une question de calcul.

Ce qui leur manque pour faire des travaux d’isolation

Non seulement les Français savent que des aides de l’État existent, mais en plus ils connaissent les zones de courants d’air de leur logis. Ils sont 65 % à pointer du doigt les fenêtres, tandis que 36 % mentionnent l’isolation du toit.

Mais pour les aider à franchir le pas, 42 % d’entre eux réclament « une meilleure information sur les aides publiques ». Ils sont 35 % à exiger une estimation des gains énergétiques, et surtout qu’on leur chiffre l’économie de dépenses de chauffage ainsi réalisée.

Quant à la paperasserie, il n’en est pas question : 34 % veulent « des démarches administratives simplifiées ». Place au dialogue et au service personnalisé, 24 % d’entre eux souhaitent avoir un interlocuteur direct.

Les RGE (Reconnu garant de l’environnement) à la rescousse ?

Et pourtant ces mesures ont été mises en place. Depuis le 1er septembre 2014, les demandeurs doivent faire appel à un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Mais le problème est que ces prestataire n’effectuent pas toujours une étude approfondie, comme le révèle une enquête de l’UFC Que Choisir.

C’est regrettable, car un conseiller pourrait rappeler aux ménages que la présence d’une assurance dommage ouvrage garantit le fait que les travaux soient bien réalisés, même si c’est au client de vérifier si le prestataire est effectivement assuré. Ça tombe bien, 22 % des personnes interrogées souhaitent disposer de ce genre de sécurité.

Peut-être qu’un spot télévisé, comme on en faisait au bon vieux temps, suffirait à informer la population sur la possibilité et le financement gratuit des travaux de rénovation.

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