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Goldman Sachs plombé par les crédits immobiliers à risques

C’est peut-être la fin de la longue saga des crédits immobiliers à risques pour Goldman Sachs. Les dirigeants ont dû accepter de payer une amende de 5 milliards de dollars, destinée en partie à indemniser les ménages et les investisseurs qu’ils ont lésés. Le temps du retour de bâton est désormais venu pour la célèbre banque d’affaires, qui voit ses bénéfices en chute de 31 %.

Des crédits immobiliers à risques dissimulés dans des produits bancaires

C’est à partir de 2005 que Goldman Sachs se rend compte qu’elle détient trop de créances sur des crédits immobiliers à taux variables, dont les emprunteurs croulent sous les dettes. En conservant ses titres, elle court le risque de se trouver face à des défauts de paiement massifs. Alors plutôt que de procéder à des réserves de sécurité comme le ferait un assureur face à des catastrophes naturelles, les dirigeants choisissent de s’en débarrasser.

Par un jeu de pratiques bancaires qu’ils pensaient légales, ils se mettent donc à transformer des crédits immobiliers en produits financiers, une manœuvre que l’on appelle la titrisation. Des investisseurs, confiants dans ce géant bancaire, achètent ces titres les yeux fermés.

Puis comme il fallait s’y attendre, les prix de l’immobilier diminuent, jusqu’à ce que leurs valeurs ne suffisent plus à couvrir le capital restant sur les prêts contenus au sein de ces produits bancaires. Les produits en question ne valent plus rien, et les investisseurs se retrouvent floués.

La justice américaine fait payer Goldman Sachs

Les dirigeants de la banque d’affaires espéraient-ils s’en sortirent à bon compte ? Probablement, sauf que les juristes de diverses agences fédérales et administrations ne sont pas tombés de la dernière pluie. Ils accusent alors Goldman Sachs de violation des lois fédérales en matière de crédit.

Pour eux, l’exécutif ne pouvait pas ignorer la dangerosité des produits bancaires au sein desquels se trouvaient des crédits immobiliers souscrits par des ménages insolvables.

Le premier couperet tombe en 2010, lorsque Goldman Sachs doit payer 550 millions de dollars au gendarme de la bourse américain. Sa faute : avoir adossé des actifs dangereux à des obligations, dans l’unique but de se défaire des risques de crédit. Et au final la banque a pu tirer profit de l’effondrement du marché immobilier.

Une seconde amende tombe en 2014, cette fois de 3 milliards de dollars afin de résoudre un litige avec les sociétés de cautionnement Fannie Mae et Freddie Mac.

Puis enfin le 15 janvier dernier le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, annonce qu’un accord de principe avait été trouvé avec le régulateur américain. Cette fois-ci la banque devra payer une lourde amende de 5 milliards de dollars, destinée à être réinjectée dans le système.

La banque d’affaires devra ainsi consacrer 1,8 milliards de dollars, pour des travaux de réhabilitation de logements ainsi que pour la restructuration des dettes des ménages en difficulté. Elle devra également consacrer 875 millions de dollars pour indemniser les investisseurs lésés par ses pratiques.

Chiffre d’affaires et bénéfices en chute libre chez Goldman Sachs

Le 20 janvier, le bilan du retour de bâton est tombé pour la célèbre banque d’affaires américaines. À la fin du 4e trimestre son profit a plongé de -65 % sur 1 an, faisant chuter son action de 13 %. Pour Goldman Sachs, le responsable de cette dégringolade est le montant de l’amende, qui descend son résultat net à 31 % en dessous des performances de l’année dernière.

Et pourtant le régulateur américain n’a pas fait plier le géant de la finance à lui seul. Les marchés s’en sont chargés, avec un chiffre d’affaires en recul de -2,05 % et une activité de trading au plus bas depuis le 4e trimestre 2008, comme le rapporte un article de latribune.fr.

Mais d’autres pourraient suivre, car selon le Wall Street Journal, il y aurait 180,1 milliard de dollars de litiges liés à la crise des subprimes de 2008.

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