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Hausse du taux de la Fed : quel impact pour l’emprunteur français ?

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Les décisions monétaire des États-Unis influent forcément sur la bourse des ménages français.

C’est fait, la banque centrale américaine (Fed pour les intimes) a relevé ses principaux taux directeurs. Les banques du pays de l’Oncle Sam pourront ainsi lui emprunter de la trésorerie, pour des taux variant de 0,5 % à 0,75 %. En quoi est-ce que cela nous concerne ? Et bien la hausse du taux de la Fed pourrait fort bien entraîner les taux des prêts bancaires Français avec elle.

Pourquoi la réserve fédérale américaine remonte-t-elle ses taux ?

Les plans de relance économique fonctionnent un peu comme une mayonnaise. Il y a 3 ingrédients, et la sauce ne prend que si on les dose bien et si les conditions sont bonnes. Pour appeler la croissance économique, il faut de l’inflation, de l’argent pas cher et de l’emploi. On injecte de l’argent dans les caisses des banques et non-pas directement dans les poches des ménages, et on voit la forme que ça prend.

C’est ce qu’a fait la Fed après la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008. Ce sont subitement des milliards de dollars qui se désintègrent, des entreprises sans liquidités et des employés que l’on remercie. Le directeur de la banque centrale américaine de l’époque, Bern Bernanke, abaisse alors son principal taux directeur de 5,2 % à 0,25 %, mais en plusieurs fois. Exactement comme quand on verse l’huille d’olive dans la mayonnaise, à petite dose, tout en continuant de battre jusqu’à ce que cela prenne.

Mais lorsque l’air est humide, il n’est pas facile d’obtenir une mayonnaise ferme et onctueuse. Le ralentissement de la Chine, le Brexit et l’incertitude face aux élections américaines contribuent à créer un environnement difficile. Alors la réserve fédérale américaine continue de battre, jusqu’à ce que la sauce prenne.

Mais il faut savoir s’arrêter une fois que la mayonnaise est bien montée. Et justement aux États-Unis le chômage descend à 4,6 %, la croissance monte à 3,2 % et l’inflation à 1,6 %. De quoi faire pâlir d’envie un président de la république dans l’impossibilité de briguer un 2e mandat.

Que va changer la hausse du taux de la Fed pour l’emprunteur français ?

Les banques américaines vont donc emprunter entre 0,5 % et 0,75 %. Elles prêteront alors plus cher, pas dans les mêmes proportions, et appliqueront leurs hausses de tarifs lentement mais sûrement. À terme l’argent sera plus cher aux États-Unis, et la dette américaine matérialisée par les bons du Trésor, sera également plus chère. Entendez par là que lorsque des investisseurs institutionnels comme les fonds de pension achèteront des obligations américaines, ils percevront plus de rendement.

La dette française devra elle aussi se vendre plus chère, afin de conserver sa compétitivité. Or les diagrammes économiques montrent que lorsque le coût de la dette française à 10 ans augmente, les taux des crédits immobiliers augmentent aussi. Conclusion : la hausse des taux de la Fed pourrait faire augmenter les taux bancaires français.

Et que fait-on lorsque la situation nous échappe et que l’espoir n’est plus permis ? On appelle un superhéros. En Europe, c’est le directeur de la banque centrale : Mario Draghi.

La banque centrale européenne, un rempart contre la Fed

Si Donald Trump met en pratique son programme économique, la banque centrale américaine sera tentée de rehausser davantage ses taux directeurs. Elle va effectivement chercher à éviter un afflux massif d’argent, qui créerait une inflation incontrôlée.

Une nouvelle hausse du taux de la Fed est ainsi prévue en 2017, puis en 2018. Et la question est : que va faire la banque centrale de la zone euro : la BCE ? Pour l’instant son président Mario Draghi maintient son principal taux directeur à 0 %, avec l’accord du comité. Les banques peuvent ainsi se financer à 0 %, à condition de rembourser dans une semaine. Cette sécurité permet de maintenir un flux d’argent pas cher dans la zone euro, ce qui a permis d’abaisser les taux des prêts bancaires.

La BCE se livre également à un programme de relance à grands coups de 60 milliards d’euros par mois. Mais pour l’instant le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, avec une inflation à 0,6 %, une croissance à 1,7 % et un taux de chômage à 9,8 %.

Il n’y a donc a priori pas suffisamment de visibilité pour que Mario Draghi ferme le robinet. La fluidité de l’argent pas cher en zone euro pourrait ainsi contrecarrer la hausse du taux de la Fed, à l’image d’une partie de bras de fer.

Les taux bancaires vont (peut-être) peu changer en 2017

Les taux d’emprunt immobilier et consommation devraient remonter en 2017, ce n’est un secret pour personne. On sait que la hausse sera lente, et que chaque palier sera de faible ampleur. Pour autant le pouvoir d’achat immobilier des Français a des chances de ne pas diminuer.

Car les vendeurs de logements pourraient être tentés de diminuer leurs prix, afin d’équilibrer la perte de capacité de remboursement des emprunteurs. Une bonne année 2017 en perspective donc, mais que beaucoup d’observateurs, dont ce blog, suivront à la loupe afin d’identifier les bouleversements en gestation.

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