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Londres : quand l’immobilier s’emballe pour 5 ans

Il y a quelques mois de cela on ne pouvait prédire qui de David Cameron ou d’Ed Miliband allait remporter les élections britanniques. Conséquence : les transactions immobilières chutèrent de 33 % à Londres, entraînant une baisse de 5 % des prix de la pierre. Ainsi lorsque les premiers sondages donnèrent l’actuel locataire du 10 Downing Street vainqueur, les agences spécialisées dans l’immobilier haut de gamme furent submergées d’appels.

Fini l’ISF à la française promis par Ed Miliband

La frénésie immobilière dont est prise la capitale anglaise depuis ces 10 dernières années, fut stoppée nette par les sondages préélectoraux. C’est qu’il était impossible il y a 6 mois de prédire qui allait remporter la majorité au Parlement britannique. Or si la politique de l’actuel premier ministre David Cameron avait toujours été relativement libérale, son opposant Ed Miliband avait promis la mise en place d’une «mansion tax». Cette sorte d’ISF à la française prévoyait de taxer les biens immobiliers d’une valeur supérieure à 2 millions de livres sterling, autant dire plus de la moitié des appartements du centre de Londres.

Résultat : les Français et les Italiens, premiers acquéreurs immobiliers de la perfide Albion, n’avaient plus aucune raison d’acheter de l’autre côté de la Manche, pour se faire taxer autant que chez eux. Ainsi les agences haut de gamme enregistrèrent une baisse de 33 % des transactions, avec comme de logique une chute de 5 % des prix de la pierre.

L’immobilier à Londres repart de plus belle

C’est jeudi vers minuit, heure d’Angleterre, que les premiers sondages donnèrent la victoire des conservateurs. Les très sérieux quotidiens The Guardian et Times cités par le Figaro.fr, font état d’une ruée des acheteurs immobiliers dès le lendemain matin.

La directrice d’une agence londonienne affirme même avoir reçu une cinquantaine de demandes d’information avant la fin de matinée du vendredi, dont la moitié en provenance d’étrangers. Pas moins de 100 millions de livres sterling d’offres, soit environ 137 millions d’euros, auraient été faites pour des biens immobiliers situés autant à Londres que dans des comtés proches.

Fièvre, hausse des prix et bulle immobilière

Au pays du libéralisme économique, les choses n’ont pas traîné. L’action de Foxtons, agence immobilière spécialisée dans le haut de gamme londonien, a gagné plus de 12 % dans les jours qui suivirent l’annonce des résultats. Le directeur de Douglas and Gordon, un poids-lourd de la vieille pierre, va même jusqu’à affirmer que les prix pourraient grimper de 20 % dans l’année.

Alors forcément la question de la bulle immobilière en Angleterre revient sur la table. Car si Londres était 20 % plus chère que Paris en 2009, 5 ans plus tard les prix sont 2,7 fois plus élevés selon l’agence Barnes. Mais il convient également de tenir compte de l’environnement économique. En Angleterre un cadre percevant un salaire de « 100 » coûterait « 120 » à son entreprise, contre « 200 » en France. Dès lors les revenus sont forcément plus élevés outre-Manche.

Mais ce qui inquiète davantage les analystes comme ceux du FMI, c’est le programme de cautionnement de prêts immobiliers mis en place par David Cameron. Un ménage étant en mesure d’apporter un capital personnel de 5 %, a ainsi droit à une garantie du gouvernement britannique à hauteur de 15 % de l’emprunt, dans un plafond de 600 000 £.

Tant que les chiffres du chômage resteront bas (5,5 % fin 2014), les emprunteurs pourront s’acquitter de leurs mensualités. Mais en cas de retournement économique, le Royaume-Uni s’exposerait à un retour de manivelle dans le plus pur style Fannie Mae et Freddie Mac.

Ces 2 géants américains des garanties hypothécaires s’étaient retrouvés incapables d’assumer leur rôle de caution auprès des emprunts immobiliers toxiques qu’ils couvraient. La réserve fédérale américaine avait alors dû intervenir pour éviter l’écroulement de l’économie outre-Atlantique.

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