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Immobilier et consommation : les banques y croient

La croissance du PIB français est de retour. © pictarena - Fotolia.com

Si la courbe du chômage ne se décide pas à s’inverser, les banques semblent croire au redémarrage de l’économie française. Elles se déclarent confiantes sur l’augmentation des demandes de prêts à l’habitat et à la consommation. Le Crédit Foncier va même jusqu’à convoquer une conférence de presse, pour annoncer un marché de l’immobilier en pleine explosion cette année.

La Banque de France constate le moral des sociétés financières

La dernière enquête sur la distribution du crédit en France, met en avant un solde d’opinion plutôt positif chez les banquiers. Après un mois de novembre en berne suite aux attentats, voici que janvier a vu les ménages renouer avec le crédit à la consommation. Les banques constatent une hausse des dossiers déposés, à peu près autant qu’en octobre, plus qu’en décembre, moins qu’en juillet. Mais nous ne sommes qu’à la mi-février, beaucoup de choses peuvent se passer.

Si novembre avait été un mois plat pour les demandes de prêt immobilier, le mois dernier a vu au contraire une augmentation des dépôts de dossier. Certes décembre avait été mieux, pas autant que septembre, mais janvier fut meilleur que juillet.

Pour le Crédit Foncier, 2016 sera l’année de l’immobilier

Il est clair que dans un contexte où la panique boursière aide à maintenir des taux immobiliers relativement bas, les professionnels ont le moral. Et parmi eux le plus motivé est sans doute le directeur du Crédit Foncier, Bruno Deletré. Lors d’une conférence de presse, l’ancien énarque à l’origine de la création de l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP), dresse un portrait parfaitement positif de 2015.

Il y aurait eu 800 000 transactions immobilières l’année dernière, obligeant les banques à distribuer 156 milliards d’euros de crédits. Cette performance a été atteinte grâce à un taux d’intérêt moyen de 2,20 %, permettant à l’emprunteur de gagner 25 % de pouvoir d’achat immobilier par rapport à la fin 2008.

Mais Bruno Deletré pense que l’on fera encore mieux au cours des 11 mois qui suivent, avec notamment 163 milliards d’euros de crédits immobiliers accordés par les banques. Ce niveau sera atteint grâce à un maintien des taux d’intérêt, pour en même temps une baisse des prix des logements de 1 % en province, et de 0,8 % en Île-de-France.

Ces facteurs combinés devraient voir 825 000 transactions immobilières, tandis que 379 000 logements neufs pourraient être construits cette année.

Sylvia Pinel aura apporté sa pierre à l’édifice

Rarement un ministre n’aura obtenu autant d’applaudissements de la part des acteurs du secteur industriel dont il a la charge. La très discrète Sylvia Pinel peut se vanter d’avoir réussi un exploit impensable pour une politicienne à gauche de la gauche : se faire aimer des promoteurs immobiliers.

L’observatoire de leur fédération sur le 3e trimestre ne mâche pas ses mots : « si l’amélioration des ventes de logements résulte uniquement de l’augmentation des ventes au détail, cette dernière découle presque exclusivement de l’investissement locatif ». Les ventes à investisseurs auraient ainsi bondi de près de 50 % l’année dernière, grâce à la loi de défiscalisation Pinel qui permet notamment d’acheter pour louer à ses enfants tout en réduisant ses impôts.

Des bruits courent comme quoi la native de la Haute-Garonne et désormais vice-présidente de la région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, serait également à l’origine de l’élargissement du PTZ+.

Mais voilà que Sylvia Pinel quitte le gouvernement, remplacée par l’écologiste Emmanuelle Cosse. La coutume voudrait qu’il y ait une loi Cosse, mais il y a peu de chances pour que le gouvernement prenne le risque d’enrayer la progression d’un marché de la construction en plein essor.

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