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Les Français se distancent du crédit renouvelable

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Mieux averti, le consommateur est plus prudent. © Stefan Yang - Fotolia.com

C’est en 2010 que la loi Lagarde sur l’encadrement du crédit renouvelable fut votée. Cette mesure destinée à protéger l’emprunteur contre l’abus de certains prêteurs a eu immédiatement l’effet désiré, comme le signale l’ASF (Association Française des Sociétés Financières). En 5 ans le nombre d’ouvertures de ce type de réserve permanente a chuté de -26 %, et ce n’est pas fini.

10 millions de comptes de crédit renouvelable fermés en 4 ans

Avant 2010, le consommateur croyait que la carte de fidélité qu’il obtenait dans une grande surface, lui permettait d’acheter en payant plusieurs fois sans frais. Peu d’entre eux ne remarquaient ces débits tout à faits légaux sur leurs relevés de compte.

Jusqu’à ce que les débits en question devinrent de plus en plus gros, sous l’accumulation de ces « cartes de fidélité » qui ne sont que des crédits renouvelables aux taux élevés.

Mais depuis l’entrée en vigueur de la loi Lagarde, le prêteur à l’obligation d’informer son emprunteur tous les mois. Il lui indique la part du capital disponible, la part d’intérêt comprise au sein des échéances, ainsi que le taux auquel il rembourse.

Dès que les premiers ménages eurent reçu cette note informative, ils comprirent qu’ils avaient intérêt à fermer ce robinet de trésorerie, certes bien pratique, mais cher.

D’après l’SFT, en 2011 « le nombre de résiliation a été très supérieur à celui des ouvertures ». Avant l’arrivée de la loi Lagarde, les ménages français avaient souscrit 35 millions de crédits renouvelables. 4 ans plus tard, la barre descend à 25 millions de comptes.

Et encore, l’écart devrait continuer de se creuser depuis que la loi Hamon est entrée en vigueur. Cette mesure oblige la suspension des contrats dont la réserve de trésorerie n’a pas été utilisée depuis 1 an.

Des emprunteurs de plus en plus prudents

L’information a fait son petit bonhomme de chemin. Désormais le consommateur sait qu’un crédit renouvelable est cher, et potentiellement dangereux. Non seulement il en souscrit moins, mais surtout il demande moins de réserve de trésorerie.

Alors qu’en 2011 le montant moyen disponible avoisinait les 3160 €, en 2013 il était déjà descendu à 2450 €. Aujourd’hui seuls 15 % des comptes ouverts sont associés à une trésorerie supérieure à 3000 €. Des montants plus gérables, et surtout plus faciles à faire racheter pour les rembourser à meilleur taux.

En 2015 les établissements financiers ont accordé 10,013 milliards d’euros de prêts renouvelables, contre 10,380 en 2014. Ce type de financement à réserve d’argent permanente fait de moins en moins partie du comportement du consommateur. Il lui préfère le crédit à la consommation affecté, dont la production augmente de +2,8 % sur la même période.

Par ailleurs, les ménages ayant un projet préfèrent se tourner vers le prêt personnel. Avec un remboursement de type amortissable, certaines sociétés de crédit proposent des taux promotionnels pour un montant précis, sur une durée déterminée. En 2015 la production de prêt de trésorerie a ainsi bondi de +6,4 %, à 12,54 milliards d’euros.

Prêt renouvelable Vs découvert bancaire

Le principe de la réserve de crédit permanente plaît aux ménages. On sait que l’on ne sera jamais à court de liquidités, grâce à la petite carte magique. Chaque mensualité contient une part de capital, qui peut alors être ré–empruntée immédiatement.

Un concept alléchant, qui à bien y réfléchir n’est qu’un pur produit marketing. Car le principe existe déjà, sous la forme d’un découvert bancaire. Toutes les enseignes, toutes les agences, accordent une facilité de caisse à leurs clients. Un ménage peut même négocier une formule adaptée à ses besoins.

Avec un découvert bancaire tout comme avec un prêt renouvelable, pas besoin de demander la permission, il n’y a qu’à dépenser. Toutefois le risque de trop dépenser est moins présent avec le découvert, car le banquier avertit l’imprudent d’un e-mail ou d’un coup de téléphone.

En revanche, le conseiller clientèle d’une société vendant des cartes de crédit renouvelable, ne prend pas tant de précaution. En supplément de l’aspect sécuritaire, le découvert bancaire est beaucoup moins cher. D’après les chiffres de la Banque de France, ce dernier coûte en moyenne 6,25 % de TEG, contre des taux entre 8 % et 20 % pour la formule renouvelable.

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