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Mais pourquoi les taux conso augmentent-t-ils ?

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Peu de ménages se soucient des taux conso © Seamartini Graphics - Fotolia.com

Alors que les banques peuvent emprunter à la BCE à 0 %, alors que les conditions d’emprunt immobilier sont à un plancher historique, les taux conso continuent leur progression. Et pourtant on aurait dû s’attendre à une baisse, eu écart à des taux interbancaires négatifs. Mais les ménages ne le voient pas, ils profitent d’un pouvoir d’achat retrouvé pour souscrire davantage de prêts de trésorerie.

Le taux conso augmente depuis décembre

D’après les relevés de la Banque de France, le TEG conso moyen s’établissait à 4,48 % en mars dernier. Certes c’est mieux que les 4,66 % de janvier, mais c’est toujours moins bien que les 4,32 % d’octobre 2015, lorsque le taux de refinancement de la BCE était à 0,05 %. Car il est aujourd’hui à 0 %, ce qui signifie que les banques empruntent gratuitement à la maison-mère.

Mais ce qui surprend le plus, c’est la progression du taux de découvert aux particuliers. On sait qu’il s’agit de dettes relativement courtes, car un compte bancaire est tenu d’être créditeur au moins 15 jours par mois.

Or pendant le mois de mars, l’indice EONIA (Euro Overnight Index Average : moyenne des taux interbancaires journaliers) était en zone négative, flirtant même aux alentours des -0,34 %. Il serait donc logique que les banques aient pu en profiter pour abaisser au moins leurs taux de découvert ?

Il n’en fut rien, la moyenne du TEG s’établissait à 6,54 % en mars, à peu près à son niveau d’octobre, alors qu’à cette date l’EONIA naviguait à -0,14 %.

Les ménages ne s’intéressent pas au taux conso

La variation des taux de prêt immobilier influe lourdement sur les achats de logements. Conscient des opportunités et surtout parfaitement renseignés, les acquéreurs se réfugient dans une stratégie d’attentisme lorsqu’ils ne sont pas en mesure d’emprunter à bas prix pour acheter leur résidence principale.

En revanche, peu d’entre eux s’intéressent à l’évolution des taux conso même lorsqu’il s’agit d’effectuer des dépenses importantes. Pour preuve, en mars ils ont souscrit pour 4,6 milliards d’euros de prêts à la consommation, soit 500 millions d’euros de mieux qu’en janvier. Depuis le début de l’année, la progression des crédits de trésorerie atteint +5,2 %, pour un encours total de 153 milliards d’euros.

Les taux négatifs, une aubaine pour les banques

Très schématiquement parlant, une banque emprunte sur les marchés financiers, et prête aux particuliers. En vérité les flux de trésorerie sont tellement nombreux, rapides et importants, qu’il est difficile de suivre une gestion propre. Ainsi les banques se financent au jour le jour, entre elles, sans garantie, sur 1 à 12 mois.

Ces taux interbancaires sont réunis au sein de l’indice EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate), utilisé notamment pour déterminer le taux des prêts immobiliers variables. Et justement, certains emprunteurs ont eu la joie de voir leurs mensualités immobilières diminuer, car les banques empruntent maintenant à taux négatifs, ce qui ne plaît pas du tout aux assureurs.

Pour un crédit personnel de 3000 € remboursable sur 12 mois, les taux conso vont de 9,89 % à 19,97 % (source comparateur). Lorsque l’on sait que les banques se prêtent entre elles à -0,012 % sur 12 mois (source EURIBOR 2 mai 2016), on réalise les marges phénoménales que peuvent se faire les sociétés de crédit sur l’achat de biens de consommation durable.

Et ça marche, les ménages consomment

Si les grandes banques n’étaient pas emmêlées dans des scandales d’évasion fiscale, elles pourraient voir l’avenir en rose. Car alors qu’elles pratiquent des taux conso en constante progression sur des marchés d’emprunt bancaire à taux négatifs, les ménages ouvrent leur porte-monnaie.

L’INSEE constate que leur consommation bondit de +1,7 % au 1er trimestre, avec notamment +5,8 % en dépenses d’équipement du logement. Profitant d’une baisse de -13,2 % du coût des produits pétroliers, ils achètent davantage de biens durables (+3,3 %) et d’automobiles (+2,4 %).

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