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La Lloyd’s s’attend à rembourser plus de 12 milliards d’euros à ses emprunteurs

Il n’y a pas qu’en France que les banques profitent de la crédulité de leurs clients, pour leur vendre des assurances crédit inutiles. En Angleterre aussi, sauf que la Haute Cour de justice s’est fâchée. Depuis 2011 les banques ont dû payer près de 20 milliards d’euros, à titre de remboursement d’assurance emprunteur. Et ce n’est pas fini pour la Lloyds, qui s’attend à se délester de 12 milliards supplémentaires.

Quand les banques anglaises profitaient de leurs clients

Tout le monde le sait, les assurances emprunteurs sont une manne financière pour les banques. Si en France il est maintenant possible de changer d’assurance crédit grâce à la loi Hamon, en Angleterre les banques ont profité pendant longtemps de leur quasi-monopole.

Leur tactique favorite : insérer des clauses invisibles à l’œil de l’emprunteur néophyte. Leur coup préféré : vendre des contrats couvrant le chômage à des personnes déjà sans emploi. Encore mieux, obliger les emprunteurs à souscrire une police couvrant l’incapacité, alors qu’ils étaient déjà handicapé. Et comme on peut toujours faire mieux, des grands acteurs comme la HSBC, Barclays et RBS ont monté des contrats de prêts professionnels complètement illégaux.

Déjà 13 millions de demandes de remboursement d’assurances emprunteurs

On estime que 45 millions d’assurances crédit se sont vendues entre 1990 et 2010 en Angleterre.  Sur ce nombre, 13 millions de plaintes ont déjà été traitées mais ce n’est pas fini. La FCA (Financial Conduct Authority) a demandé le réexamen de quelque 2,5 millions de demandes de remboursement d’assurance emprunteur, déjà traitées mais sous-évaluées. En effet, une enquête du dailymail.co.uk révèle que les centres d’appels ont été entraînés par la Lloyd’s pour rejeter les demandes de remboursement des emprunteurs.

La championne de la catégorie, la Lloyd’s, a dû provisionner 12,5 milliards d’euros supplémentaires pour faire face aux remboursements futurs. Car les autorités financières anglaises ont tapé du poing sur la table. Les banques vendeuses de mauvaises assurances ont été obligées de solliciter les ménages pouvant potentiellement bénéficier d’un remboursement de cotisations.

Pas moins de 5 millions de courriers ont été envoyés, et des appels téléphoniques automatisés sont constamment reçus par les clients des banques en question. Comme le rappelle la FCA, il s’agit d’une étape indispensable pour « reconstruire la confiance dans les institutions financières ».

En France, le combat juridique a commencé en 2005 à l’initiative de l’association UFC que choisir. Certains petits malins ont senti le bénéfice qu’ils pouvaient en tirer, et ont monté des structures destinées à aider l’emprunteurs à se faire rembourser son assurance-crédit. Mais de ce côté de la Manche, la procédure sera longue et prend déjà la tournure du David contre le Goliath.

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