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Louer un logement sur Airbnb : du changement dans la fiscalité ?

mise à jour: 1 mai 2019
Louer un logement sur Airbnb signifie pas échapper aux impôts.

N’imaginez pas échapper aux impôts en louant un meublé de tourisme via une plate-forme d’économie collaborative. Les services fiscaux sont des habitués des Airbnb et consorts, vous avez toutes les chances de vous faire attraper. Rassurez-vous, si vous êtes obligé de déclarer vos revenus fonciers, vous bénéficiez d’abattements.

Mise à jour de la réglementation fiscale

Des particuliers percevant des revenus fonciers par le biais de plate-formes collaboratives, de type Airbnb, doivent le déclarer aux impôts dès le 1er euro. Tous les revenus tirés de la location meublée d’un logement, même occasionnelle, sont imposés au régime des bénéfices industriels et commerciaux.

Ils sont donc exonérés s’ils sont inférieurs à 305 €, et automatiquement imposés au réel simplifié s’ils dépassent 32 900 €. En supplément, un propriétaire bailleur réalisant plus de 82 200 € de revenus locatifs tirés d’un meublé de tourisme, doit facturer la TVA.

Les plates-formes d’économie collaborative ont l’obligation d’envoyer un revenu annuel à leurs utilisateurs, et de les informer sur leurs obligations fiscales.

Louer un logement sur Airbnb : LMNP ou LMP ?

Lorsqu’un ménage perçoit des revenus fonciers d’un logement loué meublé, il peut être considéré comme loueur professionnel ou non. S’il perçoit au moins 23 000 € de loyers dans l’année et que cette ressource dépasse son salaire, il est alors considéré comme loueur meublé professionnel (LMP). Si ces 2 conditions ne sont pas réunies, il bénéficie alors du régime fiscal de loueur meublé non professionnel (LMNP).

Dans les 2 cas, si ses revenus locatifs restent inférieurs à 32 900 €, il n’est imposé qu’à 50 %. Si les loyers perçus dépassent 32 900 €, il est automatiquement au régime du réel simplifié, et déduit toutes les charges inhérentes à la location.

Si jusqu’ici cela pouvait sembler assez simple au lecteur, le législateur vient compliquer la chose. Car l’Assemblée nationale vient d’adopter un texte au sein du projet de loi des finances de 2017. Ce texte vise à taxer quiconque veut louer un logement sur Airbnb, dès lors que les revenus tirés de cette plate-forme dépassent 23 000 €.

Et qu’en est-il pour ceux qui louent sur Airbnb pour moins de 23 000 € par an ?

À la lecture de l’explication du site du service public, on comprend qu’un ménage doit déclarer tous les loyers perçus, en provenance de locaux loués en meublé. Cela signifie que louer un logement sur Airbnb, même pour 3000 € par an, n’échappe pas à la règle. En revanche, la location de chambres d’hôtes ne donne lieu à une imposition, qu’au-delà de 760 € par an.

Il semble qu’il n’y ait pas de somme plancher, en dessous de laquelle on ne paye pas d’impôts sur les revenus locatifs. Cela signifierait que les ménages qui louent un bien immobilier meublé sur Airbnb, doivent de toutes manières le signaler sur leur déclaration de revenus annuelle.

On est donc bien tenté de dire que le débat à l’Assemblée nationale sur la réglementation de l’économie collaborative, est un coup d’épée dans l’eau en ce qui concerne les logements meublés. Les hôteliers font la moue, les loueurs sourient, mais le bras de fer n’est peut-être pas terminé.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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