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Le massif rachat de crédits de la BCE va-t-il profiter aux ménages ?

Argent liquide
Les Français préfèrent vivre avec du cash qu'avec du crédit.

Avec 1 140 milliards d’euros injectés dans le circuit bancaire par la BCE, les banques vont disposer de liquidités pour prêter aux ménages. Mais vont-elles vraiment le faire ? Rien n’est moins sûr, selon des témoignages recueillis par 2 journalistes du Figaro et des Échos. Car si les banques disposeront de suffisamment d’argent frais pour prêter environ 3500 € à chaque français, en réalité elles resteront libres d’en faire ce qu’elles veulent, mais surtout il n’est pas certain que les candidats emprunteurs se manifestent.

En théorie les banques françaises pourront prêter 3500 € par Français

Le journaliste du Figaro M. Guillaume Errard s’est amusé à calculer la somme dont devrait théoriquement bénéficier chaque Français, suite au programme de rachat de dette de la BCE. En considérant que la Banque de France disposera ainsi de 230 milliards d’euros d’argent frais, elle serait théoriquement capable de prêter 185 € par mois à chaque citoyen français, pendant 19 mois.

Cependant même si le concept du mécanisme est de donner suffisamment de liquidités aux banques pour qu’elles puissent prêter aux particuliers et aux entreprises pour relancer la consommation, la réalité pourrait en décevoir plus d’un.

Les banques ne seront pas obligées de prêter aux ménages

Cité dans un autre article du même auteur, l’économiste M. Christopher Dembik rappelle que les banques ne sont nullement tenues d’injecter leurs euros tout neufs dans l’économie réelle. Elles pourraient très bien les investir sur les marchés financiers, ou même s’en servir pour distribuer des dividendes.

Car il est un scénario dont on ne se doute pas, celui dans lequel les banquiers annoncent leur désir de prêter davantage, sans que le public ne manifeste d’intérêt pour leurs bonnes dispositions. Car toujours pour citer M. Dembik, « la faible croissance économique résulte de l’absence de demande de prêts et non pas d’offre de prêts ».

Ceci fait écho aux portraits du primo accédant moyen, décrit par le réseau de courtiers Capfi dans son bulletin de janvier. « Beaucoup de jeunes ménages […] hésitent à s’endetter sur le long terme » précise le communiqué.

D’autant plus qu’une banque se doit d’être prudente et de ne pas copier le modèle des gérants des subprimes américaines. Leur métier consistait à prêter à des ménages quasiment insolvables.

Le rachat de crédits de la BCE ne signifie pas le maintien de taux bas

Selon Edouard Lederer journaliste pour les Échos.fr, le rachat de dette publique et privée aura un impact sur « les modes de financement non-bancaires de l’économie ». En clair, elles pourront ainsi financer les achats d’obligations et les introductions en bourse de grandes sociétés, pratique qu’elles pourraient privilégier au financement des artisans et auto entrepreneur.

On pourrait croire que, fortes de ces réserves monétaires tombées du ciel, les banques soient en position de maintenir leurs taux immobiliers à leurs niveaux actuels. Dans la réalité, Edouard Lederer rappelle par la voix de Romain Burnand, de Moneta Asset Management, que « les compagnies d’assurances détiennent une part de la dette publique bien plus importante que les banques ».

Le portefeuille des ménages semble bien éloigné de la planche à billets de Francfort.

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