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Overdose de crédits de trésorerie chez les parisiens

Les parisiens sont-ils dépensiers, ou la vie y est-elle trop chère ?

Si l’encours des crédits de trésorerie atteint 281,1 milliards d’euros en France, pas moins de 61 % est le fait des habitants de l’Île-de-France. Mais les plus friands sont les parisiens eux-mêmes, pour en détenir 100 fois plus que les habitants du Val-d’Oise. Et l’explication tient peut-être dans les prix de l’immobilier.

76 % de l’encours des crédits de trésorerie franciliens se situe à Paris

Les parisiens auraient-ils des difficultés à boucler leurs fins de mois ? Ou tout simplement auraient-ils plus de projets que les autres ? À la lecture des chiffres de la Banque de France, on se pose des questions. Effectivement les habitants de la capitale détiendraient 131,7 milliards d’euros parmi les 172,7 qui composent l’encours de crédits de trésorerie dans toute l’Île-de-France.

Ils comptabilisent ainsi 67 % de la dette régionale de ce secteur, rien qu’à eux. Mais le département 75 affiche une autre particularité. Il est effectivement le seul de France où l’encours de crédits de trésorerie est supérieur à celui des prêts immobiliers. Ces derniers ne représentent d’ailleurs que 34 % de la dette de trésorerie.

Et tout ça à cause des prix du m² ?

Les parisiens sont peut-être seuls responsables de l’engouement général pour le crédit renouvelable, car leurs voisins sont beaucoup plus sages. Ainsi les habitants du Val-d’Oise (95) ne poussent pas souvent la porte de leur agence bancaire. Avec 14,8 milliards d’euros, leur encours de crédit immobilier est parmi les plus bas de la région, juste devant les 13 millions d’euros de la Seine-Saint-Denis (93).

Ils ne sont pas non-plus friands de crédits de trésorerie, leur encours représentant 1,3 milliards d’euros, soit 100 fois moins que celui des parisiens, et 20 fois moins que celui des habitants des Hauts-de-Seine (92). Dans ce département chic de l’Ouest parisien, les habitants ont contracté 20,6 milliards d’euros d’encours de crédits de trésorerie. La 2e marche du podium au niveau national leur revient donc, loin, très loin devant les 9 milliards d’euros des habitants du Nord (59).

Le lecteur attentif n’aura pas manqué de noter que c’est précisément au sein des 2 départements les plus chers d’Île-de-France, le 75 et le 92, que les habitants ont le plus recours aux prêts de trésorerie. Et l’explication tient effectivement peut-être dans les prix des logements.

Les Hauts-de-Seine ne comportent que 42,4 % de propriétaires, Paris encore moins avec 33,1 %, tandis que le Val-d’Oise en compte 57,5 % et le Nord 55,3 % (chiffre INSEE 2012).

Or on sait que les ménages accédants sont plus endettés que les locataires, on peut donc logiquement en déduire que les parisiens et les Altoséquanais disposent de plus d’espace budgétaire pour souscrire des crédits de trésorerie. Pas sûr pour autant qu’il s’agisse d’une bonne chose…

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