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Prêt renouvelable : les Français de nouveau accros

Le recours au prêt renouvelable peut être synonyme de soucis financiers.

Depuis quelques années déjà, une nouvelle réglementation imposée par Christine Lagarde avait fait décliner le prêt renouvelable. Trop cher, trop opaque, les ménages se désintéressaient de ces trésoreries faciles et rapides. Mais voici que la production repart à la hausse depuis février.

2,4 milliards d’euros de prêts renouvelables en 3 mois

On peut dire que l’année 2016 a bien démarré pour les banques. Au cours du 1er trimestre, la production de crédit à la consommation a bondi de +10 %, particulièrement sous la poussée des prêts personnels (+12,6 %) et des financements de véhicules d’occasion (+10,3 %).

Et curieusement, la production de prêt renouvelable a suivi le mouvement avec une poussée de +1,8 % par rapport à la même période en 2015. En février les ménages français en ont souscrit pour 778 millions d’euros, soit +5,8 % de hausse par rapport à février 2015.

La tendance a continué en mars avec 809 millions d’euros, pour boucler le trimestre à 2,412 milliards d’euros. Un changement de cap plutôt inattendu, alors que les ménages français se désintéressaient du crédit renouvelable.

Des offres promotionnelles grâce aux taux négatifs ?

Rappelons le principe du prêt renouvelable : l’emprunteur dispose d’une trésorerie utilisable immédiatement, et réutilisable au fur et à mesure de ses remboursements. Admettons par exemple qu’il dispose d’une facilité de caisse de 500 €. Admettons qu’il l’utilise en une seule fois, il lui reste donc 0 €. Admettons qu’il rembourse 20 € de capital à la première échéance, alors sa facilité de caisse remonte à 20 €.

Le lecteur observateur aura remarqué que le principe ressemble à s’y méprendre à celui du découvert bancaire. C’est vrai, sauf qu’il est plus cher. Alors que la Banque de France constate un TEG moyen de 6,54 % en mars, les sociétés de crédit peuvent monter jusqu’à 19 %.

Toutefois certaines proposent un prêt renouvelable avec un TEG (Taux Effectif Global) autour des 8 %, pour un remboursement sur 6 mois maximum. Une belle marge en perspective, lorsque l’on sait que les 50 plus grandes banques européennes se prêtent entre elles à 6 mois sans garantie, au taux négatif de -0,14 % (source : EURIBOR 10 mai 2016).

Quand Christine Lagarde faisait tomber le prêt renouvelable

La loi Lagarde de 2010 a porté un coup à l’industrie du prêt renouvelable. Désormais les souscripteurs peuvent transformer leur contrat en un crédit à la consommation amortissable, à la date d’anniversaire. Les remboursements ne peuvent pas dépasser 3 ans si le montant emprunté est inférieur ou égal à 3000 €, et 5 ans s’il est supérieur à 3000 €.

Mais surtout, les cartes de fidélité des grandes surfaces jadis irrémédiablement associées à un prêt renouvelable, doivent maintenant proposer un paiement au comptant.

L’ensemble de toutes ces mesures a poussé le consommateur à réaliser que cette réserve de trésorerie avait un coût. Tant et si bien qu’en 2015, l’encours total de la dette renouvelable des ménages baissait de -3,5 %, tandis que celui du prêt personnel grimpait de +6,4 %.

Alors, pourquoi assiste-t-on à un regain d’intérêt pour cette trésorerie constamment disponible ? La première explication peut être le durcissement des conditions d’accès des banques au découvert bancaire. La seconde peut-être la difficulté financière grandissante de certains ménages, en contradiction avec une situation économique française en face d’amélioration.

Effectivement certains ménages ont tendance à préférer la discrétion du prêt renouvelable en ligne, à la négociation d’un découvert avec leur banque.

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