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Non, les prix à la consommation n’ont pas tous baissé

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Le prix des produits manufacturés a globalement augmenté. © dmitrimaruta - Fotolia.com

Si la chute des cours du pétrole s’est répercutée (légèrement) sur les prix à la pompe, en magasin le consommateur ne voit pas grand-chose. Globalement l’INSEE constate que le coût de la vie baisse de -0,2 % sur 1 an, mais ce résultat est tiré vers le bas par le prix de l’énergie. Les produits de consommation courante continuent d’augmenter, ce qui est justement ce que veulent voir les économistes.

Ces prix à la consommation qui augmentent

On pourrait croire qu’un pack de lait coûte moins cher à transporter entre chaque maillon du circuit de la grande distribution. Apparemment il n’en est rien, car le prix des produits frais a augmenté de +0,4 % en 1 an, même s’il a perdu -0,1 % de janvier à février.

Plus généralement, l’alimentation pèse +0,2 % plus cher dans le panier de la ménagère, c’est ce que constate la dernière édition de l’indice du coût de la vie de l’INSEE.

Même s’habiller et se chausser coûte davantage, il faut aujourd’hui compter sur un budget global de +0,8 %. Notons que si le coût des produits manufacturés « habillement et chaussures » à bondi de +5,9 % en février, cette différence fait suite aux soldes d’hiver.

Si globalement le coût des produits manufacturés recule de -0,1 % sur 12 mois, il s’agit surtout de l’effet des « produits de santé ». Leur prix perd -3,7 % en 1 an, après un ajustement de -0,2 % de janvier à février. En tout, la catégorie « autres produits manufacturés » augmente de +0,4 % en 1 an.

L’énergie coûte moins chère, et pourtant…

En février le consommateur a payé ses produits pétroliers -12,8 % moins cher que l’année dernière à la même époque. C’est une bonne nouvelle, qui tire tout le coût des produits énergétiques vers le bas de -6,8 %. La différence continue de se faire sentir de mois en mois, avec -1,4 % pour le pétrole de janvier à février.

Et pourtant le coût des transports ne baisse que de -1,8 % sur les 12 derniers mois. Et encore, il repart à la hausse de +0,5 % de janvier à février. Les services d’enlèvement des ordures ménagères, comptabilisés avec le loyer et l’eau, ont grimpé de +0,6 % sur 1 an.

Inflation, es-tu là ?

Dès lors que les consommateurs retrouvent l’envie de consommer, la hausse de la demande par rapport à l’offre débouche sur une augmentation des prix. Si ces variations n’impliquent pas trop de coûts de production supplémentaires, les marges des entreprises s’améliorent, et la croissance repart.

Tel est le raisonnement de quiconque possède un diplôme en sciences économiques.

Il ne manque plus qu’à prendre en compte l’évolution des revenus des ménages, pour que ladite croissance puisse effectivement démarrer. Mais peu importe, aux grands maux les grands remèdes, la BCE (Banque Centrale Européenne) a ressorti l’artillerie lourde pour tenter une ultime fois de faire revenir cette satanée inflation.

Dommage que personne n’ait pensé à tirer parti de la baisse des cours du pétrole pour ramener les prix au niveau du portefeuille des ménages, et relancer ainsi la consommation. Mais ne gâchons pas notre plaisir, les ventes de voitures repartent de plus belle, sans doute plus sous l’effet de la baisse des taux de crédit que sous celui des prix à la pompe.

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