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Des dépenses de logements plus dures à supporter pour les locataires

mise à jour: 28 janvier 2019
Dépenses des ménages pour se loger
Le budget logement des locataires diminue leur capacité d'épargne.

En apparence, les dépenses des ménages pour se loger ont baissé au cours des 12 derniers mois. En réalité cet allègement concerne surtout les propriétaires, car les locataires ont vu leur budget augmenter. Focus sur la 6e édition du baromètre Sofinco sur les Français et le logement.

La 6e vague du Sofinscope a été réalisée par OpinionWay, sur un échantillon de 1005 personnes interrogées du 29 au 30 mars 2017.

Être propriétaire coûte moins cher, louer coûte plus cher

Le ménage moyen dépense 631 €/mois pour se loger, qu’il soit locataire ou propriétaire accédant avec un crédit immobilier. C’est 4,6 % de moins que l’année précédente, dans un contexte où l’INSEE enregistre une inflation de +1,2 %. Mais cet ajustement est particulièrement dû à des taux d’emprunt plus avantageux dans une France de propriétaires.

La 6e édition du Sofinscope constate que le propriétaire accédant dépense 739 €/mois de moyenne, soit une économie de 107 €. Les ménages qui résident en région parisienne ont besoin de 741 €/mois pour se loger, c’est 67 € de moins que l’année dernière. En province on a gagné 23 € en pouvoir d’achat, on dépense aujourd’hui 607 € pour enfiler ses pantoufles.

Mais dans la réalité les locataires du parc privé payent leur loyer 14 € de plus qu’auparavant. Dans toute la France métropolitaine ils doivent consacrer 662 € sans les charges. Les locataires du parc HLM ne sont pas épargnés, avec une hausse de + 2 € les obligeant à débourser 470 €/mois.

Se loger consomme moins d’un quart des revenus

Le Sofinscope estime à 23,2 % « la part des dépenses allouées aux loyers par rapport aux revenus mensuels du foyer ». Les ménages obligés de dépenser 29 % de leurs ressources pour se loger, représentent d’ailleurs moins de 5 % des sondés. Mais là-encore propriétaires et locataires n’ont pas la même perception.

Pour 68 % des propriétaires, la part de revenus qu’ils injectent dans leur logement est « juste comme il faut ». En revanche 57 % des locataires considèrent cette partie de leur budget « trop importante ». Le sondage ne dit pas quelle serait leur satisfaction, s’ils pouvaient acheter leur résidence principale pour le prix d’une location.

Les locataires ont plus de mal que les propriétaires

Les dépenses nécessaires pour se loger ont un impact sur la capacité d’épargne de 79 % des locataires. Ils sont 75 % à avouer restreindre leur budget vacances pour équilibrer leurs comptes bancaires. Plus généralement, 73 % des locataires sacrifient les loisirs du quotidien pour pouvoir payer leur loyer.

Les propriétaires préfèrent tirer un trait sur l’amélioration de leur logement, plutôt que d’amputer leur capacité d’épargne ou leurs vacances. Le sondage nous apprend d’ailleurs que 48 % des locataires avouent avoir des difficultés à faire face à leurs charges de logements. Les propriétaires ne sont que 20 % à trouver le temps long jusqu’au prochain virement de leur salaire.

Face à ces difficultés, les ménages concernés sont 61 % à envisager de réduire leurs dépenses de consommation. L’idéal serait bien sûr d’augmenter leurs revenus, mais seuls 34 % y croient. Ils ne sont que 15 % à considérer déménager pour aller habiter là où c’est moins cher.

Emprunter pour devenir propriétaire ? Pas un problème

Le Sofinscope montre que le locataire moyen a un problème d’argent. Ils sont effectivement 68 % à considérer que le prix d’achat et le montant du loyer sont les principaux obstacles lorsque l’on recherche un logement. Car ils ne sont que 6 % à penser qu’obtenir un crédit sera difficile. Pour 39 % d’entre eux, la complication viendrait surtout de l’absence de choix correspondants à leurs critères.

Cet entêtement à trouver le logement parfait représente une niche de marché pour les promoteurs. Ils construisent des ensembles collectifs souvent bien placés, bien isolés et sécurisés. Mais de telles qualités ont un prix : l’immobilier neuf peut être ainsi 30 % plus cher que l’ancien. Voilà qui ne va pas arranger les problèmes financiers des locataires.