Accueil Consommation

Relance de la consommation VS coût du logement et emploi

Une étude du cabinet GFK commandée par la commission européenne prévoit que la consommation va se relancer en France, notamment grâce à une augmentation des revenus. Il semble pourtant que les économistes n’aient pas tenu compte du coût du logement ni des contrats d’embauche. Pour couronner le tout,  GFK voit la « disposition à acheter » repartir, là où les taux des prêts à la consommation restent élevés.

passage-pieton
La stabilité professionnelle et les taux de prêt à la consommation sont des moteur essentiels à la croissance.

Les revenus des Français vont augmenter, leur permettant de consommer

GFK utilise un système de cotation avec points, basé sur le principe des indices. Dans son enquête sur le climat de la consommation européenne au 1er trimestre 2015, le cabinet annonce un facteur d’intention d’achat en hausse de 17,3 points. Jusqu’ici tout va bien, sauf que le solde reste négatif à -2,2 points, même si l’on se trouve au plus haut niveau enregistré avant la crise, début août 2007.

Pour appuyer leurs prévisions, les économistes pointent du doigt les autres valeurs élevées de la zone européenne, en rappelant que les Français espèrent bien tirer parti de cette croissance qui s’annonce. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à écrire que les anticipations de revenus « n’ont jamais été aussi positives depuis avril 2010 », l’indicateur de confiance s’étant rehaussé, même s’il reste en zone négative à -19 points.

Traduit en langage courant, cela signifie que les salaires vont augmenter et que la consommation va repartir.

Pas de consommation sans emprunt et les taux sont élevés

Acheter un rosbif au lieu d’un filet de poulet congelé se fait tout seul. Mettre un paquet de spaghettis à 5 œufs frais au kilo dans son caddie au lieu de pattes plâtreuses, ne nécessite pas de réflexion profonde. En revanche acheter de la peinture pour repeindre le couloir, changer de voiture ou refaire son ameublement, voilà qui nécessite du financement.

Ça tombe bien, depuis le mois dernier la BCE (Banque Centrale Européenne) a injecté de l’argent massif dans les caisses des banques, en rachetant les dettes souveraines des pays de la zone euro. Résultat : en février la France a emprunté à 5 ans entre 0,041 % et 0,09 % sur les marchés financiers.

On est donc tenté d’en déduire que les banques (qui peuvent se financer en empruntant à l’État sur 5 ans) en ont profité pour prêter moins cher au public, mais il n’en est rien. Selon les chiffres de la Banque de France, la moyenne des prêts de trésorerie accordés aux particuliers au cours du 1er trimestre 2015 s’est établie à un taux 15,17 % pour les montants inférieurs à 3000 €. Concernant les achats affectés à un objet particulier, les taux de prêt à la consommation moyens de février se sont établis à 5,06 %.

À ce facteur pas très encourageant, le baromètre Sofinscope vient en rajouter un autre.

Le logement représente plus de 25 % du budget pour 44 % des ménages

Sofincope, c’est un baromètre édité par la société de sondage OpinionWay, pour l’organisme de crédit Sonfinco, propriété du Crédit Agricole. Son objectif : démontrer le poids que représente le coût du logement dans le budget du ménage moyen. Réalisé les 1er et 2nd avril 2015 sur un échantillon de 1003 personnes, le résultat est sans appel : le budget logement a augmenté de +2,2 % en 1 an.

Il représente désormais plus de 34 % des revenus de 20 % des ménages, et de 25 % à 34 % pour 24 % d’autres familles françaises. Au final, 59 % des locataires pensent qu’ils dépensent trop pour se loger, ce qui débouche sur 29 % des personnes interrogées (propriétaires et locataires confondus) avouant avoir des difficultés pour faire face à leur loyer, et 33 % arrivant à équilibrer leurs comptes.

Entre faire des dépenses d’amélioration du cadre de vie ou payer son loyer il faut choisir, ce qui pourrait bien remettre en cause les prévisions optimistes des analystes.

Car d’après ce même sondage, pour faire face aux dépenses de logement 50 % des ménages vont rogner sur leur budget « loisirs au quotidien », et 52 % vont reconsidérer les travaux de décoration.

L’emploi, ce moteur de la consommation qui fait défaut

Pour consommer davantage en biens d’équipement il faut quelquefois emprunter, et pour emprunter il faut une situation professionnelle stable. Or Pôle Emploi accueillait 36 000 chômeurs supplémentaires au mois de mars, pour représenter désormais 10,4 % de la population active en France.

De leur côté les entreprises hésitent toujours à embaucher et distribuent CDD et intérim plutôt que CDI. Avec ce type de contrat de travail il est difficile de convaincre un banquier de prêter au meilleur taux, mais surtout difficile de céder à la tentation des temples de la consommation que sont les grandes surfaces.

Posez vos questions, commentez

commentaires