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La renégociation de prêt intéresse moins les banques

La baisse des taux d’emprunt intervenue depuis le printemps 2012, a vu renaître un métier : celui du rachat de crédit. Avec des taux passant de 4 % à 2 % en 3 ans, la renégociation de prêts et le regroupement de dettes a permis aux ménages d’abaisser leurs mensualités, portés par la bonne volonté des banques. Mais aujourd’hui certaines d’entre elles sont réticentes à renégocier les taux des ménages, et il y a une explication à cela.

Les banques préfèrent les nouveaux crédits immobiliers

Si les taux d’emprunt ont véritablement amorcé leur chute sans fin au début de l’année 2014, les acheteurs d’immobiliers ont pris leur temps avant de se décider. Avec un soupçon de croissance qui pointait à l’horizon, associé à un alourdissement de la fiscalité pour les CSP+, les ventes sont reparties depuis 6 mois.

Avant cela, l’activité des banques était surtout tournée vers la renégociation de prêts immobiliers, les accédants découvrant qu’ils pouvaient abaisser leurs mensualités et se soulager ainsi de quelques centaines d’euros de dépenses par mois. Tant et si bien que les banques furent assaillies de demandes de financement, et que le délai de traitement des dossiers s’allongea.

Bien sûr une agence a un intérêt financier à reprendre les crédits souscrits auprès de la concurrence, mais surtout à la condition que l’emprunteur domicilie son compte courant chez elle. Or cette fidélisation de la clientèle est beaucoup plus facile à obtenir lors de l’octroi d’un prêt immobilier.

Certes une enseigne pourrait embaucher du personnel pour traiter cet afflux de dossiers, mais les taux de crédit sont en train de remonter, et il y a fort à parier que la vague d’engouement du public sera passée une fois la formation des nouveaux conseillers terminée. Sans compter le fait que dès lors qu’emprunter devient plus cher, la renégociation devient moins intéressante.

Peut-on toujours renégocier son prêt aujourd’hui ?

Au cours des semaines qui vont suivre, les médias seront tentés de relayer l’information de la hausse des taux avec de plus en plus de déformation. À la vérité les conditions d’emprunt resteront attractives pendant encore de longs mois, et cela même si les OAT 10 ans remontent la pente.

Ces bons du Trésor remboursables à 10 ans ont toujours été un bon indicateur des taux d’emprunt immobilier. Si l’État emprunte plus cher, les banques aussi. Or en un mois et demi le taux de remboursement de la dette française à 10 ans est passé de 0,365 % (le 20 avril) à 1,17 % (le 3 juin).

Pourtant les banques n’ont pas rehaussé leurs conditions de cette manière, particulièrement grâce à la campagne de rachat de dette souveraine lancée par la BCE. Tous les mois la Banque Centrale Européenne injecte 60 milliards d’euros dans l’économie de ses pays membres, offrant ainsi des liquidités pas chères aux enseignes bancaires.

Une banque dispose donc encore des outils nécessaires pour maintenir des taux intéressants, et continue d’accepter la renégociation de prêts immobiliers existants, mais sous conditions. Le profil des demandeurs est étudié à la loupe, ces derniers doivent faire preuve d’une bonne gestion de leur compte, et surtout d’une capacité d’épargne prouvée.

Enfin le dossier ne passera que si les emprunteurs acceptent de changer de banque, en domiciliant si possible leur épargne, mais surtout leurs revenus.

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