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Subprimes 2 : les sociétés de crédit toujours avides aux USA

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Le spectre de la crise des subprimes ressurgit aux États-Unis.

Les dirigeants passent et se ressemblent dans les bureaux feutrés de la haute finance. Si le monde croyait que les sociétés de crédit des USA avaient retenu la leçon de la crise des subprimes, le contribuable va en être pour ses frais. Des premiers signes de défaut de paiement apparaissent sur les crédits américains, résultat logique de prêts à la consommation accordés à des ménages insolvables.

Les classes moyennes américaines : éternelles cibles marketing

Aux États-Unis, les ménages à faibles revenus ayant contre eux une éducation moyenne et une aptitude à rebondir limitée, sont réunies sous l’appellation commerciale de subprimes.

Car ils représentent un marché phénoménal pour la grande consommation. Très attachés au rêve américain, ils sont sensibles aux campagnes de publicité et signent des contrats de crédit sans même les lire. C’est ainsi qu’ils ont acheté des maisons de la fin du XXe siècle au début du 21e, avec des taux variables non capés, à des prix du m² surélevés.

Lorsqu’ils n’ont plus été en mesure de rembourser, les sociétés de crédit prêteuses se sont retrouvées sans le sou, en défaut de paiement par rapport à leurs propres créanciers. Et c’est ainsi que fin 2008 – début 2009, le ménage français vit la conséquence de cette vague de faillites déferler sur son économie.

3 fois plus de subprimes sur les voitures qu’en 2009

Lorsque le marché immobilier s’est écroulé aux États-Unis, il a bien fallu que la machine à prêter se tourne vers autre chose. La clientèle des subprimes était toujours là, son rêve toujours intact et les sociétés de crédit toujours aussi avides.

Ces dernières choisirent donc le marché de l’automobile, galvanisées par les 5 milliards de dollars d’aide attribués in extremis à General Motors par Barack Obama. Tant et si bien qu’aujourd’hui les crédits auto de style subprimes seraient 3 fois plus nombreux qu’il y a 6 ans, comme le rapporte un article des échos.

Or les défauts de paiement sur les financements de voitures posent un problème double. Primo les véhicules sont moins faciles à saisir, car déplaçables. Secundo leur valeur à diminué depuis la remise des clés, parfois même de plus de 40 %. Ces 2 facteurs augmentent la difficulté des prêteurs à récupérer leur dû, et au bout du compte à rembourser les banques à qui elles l’ont emprunté. L’effet d’une crise des subprimes sur les voitures pourrait être dévastateur.

Augmentation des défauts sur cartes de crédit aux USA

Avec 486 milliards de dollars de chiffres d’affaires et 2 200 000 employés, Walmart est la plus grande entreprise du monde. Ce monument de l’économie américaine possède sa propre société émettrice de cartes de crédit, Synchrony, qui permet à l’Amérique profonde de régler ses achats en plusieurs fois. Mais elle n’est pas la seule, aujourd’hui l’encours de ce type de carte représenterait ainsi 1000 milliards de dollars au pays de l’oncle Sam.

Seulement voilà, le directeur de Synchrony, Brian ­Doubles, tenu par son devoir d’information annonce « une dégradation générale de la capacité des emprunteurs à rembourser ». Selon l’agence de notation Standard & Poor’s cette situation serait même générale, en augmentation de +3 %.

Chez Visa on confirme que les sociétés de crédit américaines se tournent de plus en plus vers les subprimes pour augmenter leur chiffre d’affaires. Pour ne rien arranger, Douglas Buckminster de chez American Express admet que la situation ne peut évoluer « que dans une seule direction ».

De son côté, le directeur du géant JPMorgan Chase, Jamie Dimon, fait part de ses inquiétudes sur le marché des crédits auto américains. Toujours prêt à aider son prochain, il en profite pour jeter un peu plus d’huile sur le feu : « Il va y avoir de la casse, mais ce ne sera pas chez nous » (Source : Elsa Conesa, leséchos.fr).

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