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Le crédit à la consommation recule dans le surendettement

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La Banque de France a reçu moins de demandes de dossier de surendettement en 2015.© Papirazzi - Fotolia.com

L’année 2015 à vu le nombre de dossiers de surendettement baisser de -5,9 % par rapport à 2014. La Banque de France constate ainsi un fort recul de la part des crédits à la consommation au sein des dettes non solvables, avec par effet de vase communiquant une progression de la part du prêt immobilier. Le portrait du surendetté ne change pas : généralement des personnes seules, avec une capacité de remboursement inférieure à 450 €.

Les crédits renouvelables continuent de perdre du terrain

Aux États-Unis, les crédits accordés à des ménages modestes dont on n’a que très peu vérifié le taux d’endettement futur, s’appellent les subprimes. Responsables du déclenchement de la crise économique de 2007–2008, ils continuent d’être utilisés aujourd’hui, autant sur les logements que sur les voitures.

En France on a les prêts de trésorerie renouvelable, souvent accordés au sein de cartes de crédit censées permettre de boucler les fins de mois difficiles. On se contente de vérifier que les souscripteurs ont bien un emploi, habitent bien à l’adresse qu’ils indiquent, puis on leur accorde une réserve d’argent qui se renouvelle à chaque remboursement de capital. Les taux d’intérêt peuvent grimper jusqu’à 19 %, beaucoup plus cher que le coût d’un découvert bancaire.

Ainsi depuis la loi Lagarde de 2010, les règles d’information du consommateur ont été durcies. 5 ans plus tard les crédits renouvelables ne se retrouvent « plus que » dans 69 % des dossiers de surendettement, contre 76 % en 2012. Ils représentent toutefois 23,1 % de l’endettement total, chiffre qui en dit long sur la dangerosité de ces crédits que l’on souscrit pour rembourser ses dettes.

20 954 € de crédit à la consommation dans un dossier de surendettement

Le recul des prêts renouvelables débouche donc sur une baisse de la présence de crédits à la consommation dans un dossier de surendettement. En 2015 ils ne comptent plus que pour 42,3 %, contre 53,8 % en 2012. Par ailleurs sur les 217 302 dossiers déposés à la Banque de France l’année dernière, 16,7 % ne comprenaient aucune dette à la consommation.

On trouve désormais 4,2 de ce type de dettes dans le panier du surendetté moyen. Et par effet de synergie on obtient bien entendu une présence plus forte de l’endettement immobilier, qui représente ainsi 13 % des dossiers de 2015, contre 10,8 % en 2013. Lorsque les demandeurs sont propriétaires accédant, le montant de leur dette immobilière insolvable s’établit à 107 352 €. Et comme ils sont de plus en plus nombreux, malgré le fait que le nombre de dossiers déposés diminue de -5,9 %, la dette moyenne progresse à 41 254 €.

La solitude : facteur de surendettement

Si les années passent et la situation financière des ménages français s’améliore, le portrait type du surendetté ne bouge pas. Dans 65,2 % des cas il s’agit de personnes seules, et plus d’1 sur 2 (52 %) n’ont pas d’autres personnes à charge. Ils sont majoritairement locataires (76,8 %), et ont une capacité de remboursement limitée dans 1 cas sur 2.

D’après l’Observatoire des inégalités, le seuil de pauvreté s’établit à 760 € pour une personne seule, contre un revenu médian de 1521 €. De son côté la Banque de France constate que 52,8 % des dossiers de surendettement déposés sont caractérisés par « une absence de capacité de remboursement ». Une fois le loyer réglé et les charges locatives payées, dans 80,1 % des cas il reste moins de 450 € à consacrer au paiement des dettes.

Ainsi les employés représentent plus d’1 dossier sur 3, pour presque autant de chômeurs parmi les cas observés. Pour autant les 3/4 des ménages surendettés « ont des ressources mensuelles inférieures ou égales à 2000 €, ce qui selon l’Observatoire des inégalités représente 534 € au-dessus du seuil de pauvreté pour un couple sans enfant, et 70 € pour un couple avec 3 enfants ou plus.

Toutefois près d’1 ménage surendetté sur 2 perçoit moins que le SMIC (environ 1144 € nets/mois en 2016), tandis que 13,6 % ont des ressources inférieures au RSA socle (786,24 € pour un couple sans enfant).

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