Accueil Placer son argent Le taux des assurances-vie est moins bon chez les banques

Le taux des assurances-vie est moins bon chez les banques

mise à jour: 9 janvier 2019
Rendement de l'assurance-vie

Pour son édition 2019, l’association de consommateurs CLCV a enquêté sur 207 contrats d’assurance-vie sur 8 ans de détention. Le constat est toujours le même : le taux de rémunération est meilleur chez les assureurs et les mutuelles que chez les banques. Quant au taux de distribution des bénéfices, il est souvent loin des promesses.

Comparatif des taux des assurances-vie

Les assurances-vie vendues par la bancassurance offrent moins de rendement servi au client, c’est ce que révèle une étude de la CLCV. De 2010 à 2017 les géantes de la finance ont distribué 19,84 % de rémunération contre 26,38 % pour les assureurs et les mutuelles.

Durant la crise économique apparue en 2008 aux États-Unis et répandue en France en 2009, les banques n’ont cessé de clamer leur difficulté à donner du rendement. Et effectivement leurs assurances-vie sont passées de 3,26 % à 2,84 % entre 2010 et 2011. Les mutuelles ont rencontré les mêmes problèmes, descendant leurs rendements de 3,68 % à 3,33 %.

Tableau des rendements de l'assurance-vie CLCV édition 2019

Mais ces dernières ont amorcé un tournant entre 2011 et 2012, faisant passer leurs assurances-vie de 3,33 % à 3,34 %. Pendant ce temps les banques continuaient de diminuer les leurs de 2,84 % à 2,66 %.

Pour info : d’après l’Observatoire de l’épargne réglementée de la Banque de France, les assurances-vie en support euros ont rapporté 1,8 % en 2017.

Assureurs et mutuelles plus honnêtes que les banques ?

La loi veut que le titulaire d’une assurance-vie perçoive au moins 85 % des bénéfices réalisés grâce à son épargne. Le gestionnaire dispose de 8 ans pour atteindre ce taux de distribution. Mais cette loi comporte des failles. Notamment les modalités de répartition des bénéfices entre les contrats sont tellement complexes, qu’elles laissent une marge d’appréciation aux professionnels.

Les informations entre les 2 côtés du guichet passent mal, comme en témoigne la déconvenue de cet épargnant. La CLCV a non seulement relevé un grand écart de 56 % à 107 % dans le taux de redistribution, mais également des différences entre les contrats vendus par la même banque.

C’est notamment le cas des assurances-vie de La Banque Postale gérées par CNP Assurance, dont le taux de distribution va de 55,29 % à 82,41 % selon les contrats.

En haut du classement et pour le 2e année consécutive, on trouve Cap’Etudes de la MAIF qui a appliqué un taux de redistribution de 109,16 % sur 8 ans. Au final les souscripteurs ont bénéficié d’un rendement de l’actif de 30,34 %.

En bas du classement se trouve l’assurances-vie Garantie Retraite Euro de la Caisse d’Épargne, avec un taux de distribution de 50,50 %. Les souscripteurs ont ainsi bénéficié de 28,88 % de rendement en 8 ans.

Le taux de l’assurance-vie affecté par les frais

Le taux de redistribution n’est pas la seule source de revenus pour les gestionnaires de fonds d’assurance vie.

Il y a d’abord les frais sur versements, qui d’après l’étude de la CLCV sont en moyenne de 2,31 % pour les contrats ouverts à la commercialisation, et de 3,48 % pour les contrats fermés. Mais il y a également les frais de gestion, prélevés tous les ans. Ils vont de 0,70 % pour les fonds en euros à 0,80 % pour les contrats en unités de compte.

Pour info : pour réaliser cette étude la CLCV a envoyé 891 questionnaires à 110 contacts, assureurs et distributeurs. Seuls 47,8 % ont répondu en remplissant 207 questionnaires, représentant seulement 59,9 % d’assurances-vie proposées à la commercialisation.