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Taux de défaut : nouvel outil pour investir dans le crowdfunding

Étudier un investissement en crowdfunding
Les régulateurs veulent obliger les plates-formes de crowdfunding à publier leur taux de défaut.

Avec des rendements de 7 % avant impôts, prêter de l’argent à une entreprise via le crowdfunding est alléchant. Pourtant l’investissement peut se terminer en échec, même si les cas de défaut de paiement sont peu nombreux. Qu’importe, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) et l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Régulation) ont décidé d’obliger les plates-formes à afficher leur taux de défaut.

Quand plus de 3 % des projets ne sont pas remboursés

L’investissement en crowdfunding est risqué, car l’emprunteur peut faire faillite. Le prêteur aura alors perdu sa mise, c’est la raison pour laquelle il convient de diversifier ses placements. Un ménage souhaitant rentabiliser son capital en prêtant aux entreprises, a intérêt à passer par plusieurs plates-formes et à financer plusieurs projets sur chacune d’entre elles.

Car d’après une information de Cbanque, le défaut de remboursement atteint 3,49 % des projets sur la plate-forme Lendix, leader du crowdfunding d’entreprise. Entre les remboursements partiels et totalement absents, 1,12 % du capital investi est perdu à jamais.

Un observateur attentif pourrait en conclure que ce taux de défaut est logique pour un rendement élevé, et vice versa. Quoi qu’il en soit les régulateurs ont décidé d’intervenir afin d’informer les investisseurs potentiels.

Investir en crowdfunding en connaissance du taux de défaut

L’ACPR et l’AMF recommandent d’obliger tous les acteurs du financement participatif à publier 2 taux de défaut. La publication devra être mise à jour à chaque trimestre, facilement accessible aux utilisateurs du site.

Le 1er taux concerne le nombre de projets impayés depuis 2 mois, par rapport au nombre total de projets. Le 2nd taux concerne la somme des capitaux dus impayés depuis plus de 2 mois, par rapport à l’ensemble des capitaux dus. La publication doit inclure les taux de défaut des 3 dernières années.

Cette règle serait même valable pour les plates-formes de crowdfunding à titre caritatif. Ainsi même les crédits à taux zéro seront inclus dans le calcul du taux de défaut.

En revanche certaines plates-formes d’investissement en crowdfunding d’entreprise sont équipées d’un mécanisme compensatoire. Il peut s’agir d’une assurance, d’un fonds de garantie ou d’une mutualisation des risques. Les défauts de remboursement de l’emprunteur couverts par une garantie, n’entreront pas dans le calcul obligatoire du taux de défaillance.

Financement des entreprises retour aux bonnes et méthodes ?

D’après le site crowdlending.fr, pas moins de 697 projets d’entreprise auraient été financés via le public en 2017. Une activité qui aurait ainsi généré 121 millions d’euros l’année dernière, remboursés en moyenne à 7,2 %. Des chiffres qui pourtant ne font pas envie à tous les dirigeants, car l’argent emprunté doit être remboursé.

Dans ce contexte certains entrepreneurs reviennent aux bonnes vieilles recettes commerciales, comme le parrainage de clients. Cette pratique consiste à donner la possibilité à un acheteur de faire acheter l’un de ses amis.

Il recevra un cadeau ou une remise en récompense, et son ami aussi. Puis l’ami se verra remettre le même bon de parrainage, qu’il diffusera au moyen de ses réseaux sociaux.

Une stratégie commerciale qui entame les marges bénéficiaires, ce qui peut pousser l’entreprise à un besoin de trésorerie. Et comment faire pour financer cette trésorerie ? Mais en empruntant via le financement participatif bien sûr.

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