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Les taux des crédits vont-ils remonter en 2019 ?

mise à jour: 13 août 2019
Siège de la banque centrale européenne
Dernière distribution de cadeaux de la BCE à ses banques.

La BCE (Banque Centrale Européenne) a annoncé la poursuite de sa politique monétaire au moins jusqu’au 1er semestre 2020. L’institution maintiendra son taux de refinancement à 0 %, ce qui devrait maintenir les taux des crédits au plus bas. Et justement le coût des prêts immobilier et consommation n’est pas proche de remonter, avec le probable durcissement des taux de dépôt négatifs.

Quel rapport entre la BCE et les taux des crédits ?

Pour lutter contre la crise économique de 2008 en zone euro, la Banque Centrale Européenne a entamé un massif rachat de dettes des états et des entreprises. Appelé APP en anglais pour Asset Purchase Program, en français on dit plutôt programme d’achat d’actifs.

De mai 2009 à décembre 2018, l’institution a ainsi injecté près de 2600 milliards d’euros dans l’économie. Objectif : faire circuler l’argent jusqu’à atteindre une inflation à 2 %.

L’argent se mit effectivement à circuler, il y en eut même tellement qu’il devint moins cher. Les banques purent alors baisser les taux de leurs crédits immobilier et consommation, à des niveaux jamais vus depuis des décennies.

Ainsi en juin 2019 l’encours des crédits à l’habitat a augmenté de +6,3 %, s’établissant à 1257 milliards d’euros. Celui des crédits à la consommation gagne +5,5 % avec 183 milliards d’euros dus par les ménages français (source : Banque de France parution août 2019).

Que vont faire les taux des crédits en 2019 ?

La BCE a mis fin à son programme d’achat d’actifs en décembre 2018. À ce stade on pensait que les taux des crédits allaient remonter, mais c’était compter sans les caprices de l’économie.

Finalement l’inflation dans la zone Euro n’était que de 1,1 % en juillet 2019 (source : Eurostat), et tout le monde révise la croissance à la baisse. La Banque Mondiale et la Commission européenne n’entrevoient ainsi plus que 1,2 %.

Alors dans son communiqué de presse mensuel sur ses décisions de politique monétaire, la BCE annonce maintenir son taux de refinancement à 0 %. Sauf que cette fois-ci, il y a du nouveau.

Puisque finalement les banques ne se décident pas à faire circuler l’argent dans l’économie réelle, l’institut de Francfort est prêt à abaisser davantage leur taux de dépôt. Aujourd’hui si les banques déposent leurs liquidités à la BCE, elles perdent -0,4 %. L’idée de l’actuel gouverneur Mario Draghi, est d’abaisser encore plus ce taux négatif de manière à obliger les banques à prêter davantage.

Et pour l’instant cette stratégie a bien fonctionné, car les banques continuent de proposer des taux d’intérêt très avantageux.

Taux moyens juin 2019 janvier 2019
Immobilier* 1,39 % 1,50 %
Consommation* 3,81 % 3,87 %

*Source : Banque de France, mise à jour août 2019.

Or si effectivement la Banque Centrale Européenne durcit les taux de dépôts négatifs des banques, ces dernières seraient forcées de prêter aux particuliers et aux entreprises. Il y aurait ainsi davantage d’offres de prêts, ce qui pourrait contribuer à abaisser les taux des crédits immobiliers, consommations et professionnels, ou sinon à les stabiliser.

Les banques soutiennent le marché immobilier

Les taux des crédits au rabais ont effectivement relancé l’immobilier. A un tel point que l’INSEE a constaté une hausse de +3,7 % sur les prix des appartements anciens au 1e trimestre 2019. Sur cette même période, les maisons anciennes ont gagné +2,5 % et les notaires conseillent de vendre plutôt que d’acheter.

Car même si les observateurs anticipent une hausse des revenus des Français en 2019, leur pouvoir d’achat immobilier semble diminuer. D’après l’étude trimestrielle de l’observatoire CSA/Crédit Logement et le baromètre LPI intitulé « la capacité des ménages à acheter », la surface diminue à vue d’œil.

La hausse des prix de la pierre a fait perdre 7,8 m² à Brest au 2e trimestre 2019, par rapport au 2e trimestre 2018. À Mulhouse on parle même de -9,1 m² tandis qu’à Toulouse les nouveaux acheteurs n’ont perdu que -1,9 m².

Dans cette optique les banques sont bien forcées d’aider le marché immobilier, en procurant des conditions de crédit avantageuses aux candidats acheteurs.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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