Accueil Immobilier Les taux des crédits vont-ils baisser en 2019 – 2020 ?

Les taux des crédits vont-ils baisser en 2019 – 2020 ?

Siège de la banque centrale européenne
Dernière distribution de cadeaux de la BCE à ses banques.

La BCE (Banque Centrale Européenne) donne de l’ampleur à sa politique monétaire, avec l’espoir de créer une inflation proche des 2 % dans la zone euro. L’institution maintient son taux de refinancement à 0 %, mais durcit son taux de dépôt négatif. Ces mesures devraient maintenir les taux des crédits immobiliers et consommation à de bas niveau, jusqu’à ce que la croissance décolle.

Quel rapport entre la BCE et les taux des crédits ?

Pour lutter contre la crise économique de 2008 en zone euro, la Banque Centrale Européenne a entamé un massif rachat de dettes des états et des entreprises. Appelé APP en anglais pour Asset Purchase Program, en français on dit plutôt programme d’achat d’actifs.

De mai 2009 à décembre 2018, l’institution a ainsi injecté près de 2600 milliards d’euros dans l’économie. Objectif : faire circuler l’argent jusqu’à atteindre une inflation à 2 %.

L’argent se mit effectivement à circuler, il y en eut même tellement qu’il devint moins cher. Les banques purent alors baisser les taux de leurs crédits immobilier et consommation, à des niveaux jamais vus depuis des décennies.

Ainsi en août 2019 l’encours des crédits à l’habitat a augmenté de +6,3 % en France, s’établissant à 1272 milliards d’euros. Celui des crédits à la consommation gagne +5,6 % avec 185 milliards d’euros dus par les ménages français (source : Banque de France parution octobre 2019).

Que vont faire les taux des crédits en 2019 ?

La BCE a mis fin à son programme d’achat d’actifs en décembre 2018. À ce stade on pensait que les taux des crédits allaient remonter, mais c’était compter sans les caprices de l’économie.

Finalement l’inflation dans la zone Euro n’était que de 0,9 % en septembre 2019 (source : Eurostat), et tout le monde révise la croissance à la baisse. La commission européenne n’envisage que 1,2 % de croissance cette année en zone euro, mais attend toutefois 1,4 % en 2020.

Alors dans son communiqué de presse mensuel sur ses décisions de politique monétaire, la BCE annonce maintenir son taux de refinancement à 0 %. Sauf que cette fois-ci, il y a du nouveau.

Tout d’abord la BCE va reprendre son programme d’achat d’actifs, à raison de 20 milliards d’euros par mois à partir du 1er novembre. Une manœuvre qui pourrait fort bien faire baisser les taux immobiliers au début 2020, mais ce n’est pas tout.

Car puisque finalement les banques ne se décident pas à faire circuler l’argent dans l’économie réelle, l’institut de Francfort abaisse davantage leur taux de dépôt. Désormais si les banques déposent leurs liquidités à la BCE, elles perdront -0,5 %. L’idée de l’actuel gouverneur Mario Draghi, est de les obliger à prêter davantage.

Et pour l’instant cette stratégie a bien fonctionné, car les banques continuent de proposer des taux d’intérêt très avantageux.

Taux moyens Août 2019 mars 2019
Immobilier* 1,31 % 1,51 %
Consommation* 3,83 % 3,84 %

*Source : Banque de France, mise à jour octobre 2019.

Or le durcissement des taux de dépôts négatifs des banques par la BCE pourrait les pousser à prêter davantage aux particuliers et aux entreprises. Le marché pourrait ainsi voir davantage d’offres de prêts, ce qui pourrait contribuer à abaisser les taux des crédits immobiliers, consommations et professionnels, ou sinon à les stabiliser.

Les banques soutiennent le marché immobilier

Les taux des crédits au rabais ont effectivement relancé l’immobilier. A un tel point que l’INSEE a constaté une hausse de +4,3 % sur les prix des appartements anciens au 2e trimestre 2019. Sur cette même période, les maisons anciennes ont gagné +2,4 % et les notaires conseillent de vendre plutôt que d’acheter.

Car même si les observateurs anticipent une hausse des revenus des Français en 2019, leur pouvoir d’achat immobilier semble diminuer. D’après l’étude trimestrielle de l’observatoire CSA/Crédit Logement et le baromètre LPI intitulé « la capacité des ménages à acheter », la surface diminue à vue d’œil.

La hausse des prix de la pierre a fait perdre 7,8 m² à Brest au 2e trimestre 2019, par rapport au 2e trimestre 2018. À Mulhouse on parle même de -9,1 m² tandis qu’à Toulouse les nouveaux acheteurs n’ont perdu que -1,9 m².

Dans cette optique les banques sont bien forcées d’aider le marché immobilier, en procurant des conditions de crédit avantageuses aux candidats acheteurs.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

Tous les articles

2
Une question ? Un commentaire ? On vous répond !

500
1 Fils de commentaires
1 Réponses de fil
3 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
2 Auteurs du commentaire
  Abonnez-vous à ce fil de discussion  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
Ballard

Bonjour, en 2011 j’ai souscrit auprès de ma banque un crédit immobilier au taux de 3,25 % (taux variable capé 0) indexé sur l’euribor. Depuis lors, j’ai évidemment bénéficié d’une réduction sensible de mon taux. Sachant qu’il me reste à payer 12 ans de mensualités et que les taux risquent… Lire la suite »