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Les taux immobiliers remontent, mais coûtent moins cher

Le rapport de l’observatoire CSA/Crédit Logement sur la moyenne des taux de prêt immobilier, arrive à peu près en même temps que celui des taux d’usure de la Banque de France. Si en septembre les taux n’ont que légèrement augmenté, au 3e trimestre les ménages ont bénéficié de meilleures conditions d’emprunt qu’au 2e trimestre. Et pour ne rien gâcher le coût des opérations diminue.

Le taux immobilier moyen se stabilise

Avec une moyenne qui passe de 2,17 % en juillet à 2,19 % en août, on serait tenté d’en déduire que la moyenne des taux d’emprunt immobilier a augmenté. Toutefois les auteurs du rapport conjointement rédigé par l’institut de sondage CSA et la société de caution Crédit Logement, ont un discours rassurant.

Selon eux, cet ajustement de 2 points de base reflète l’arrivée des primo accédants sur le marché. Ces derniers présentant un profil moins avantageux que celui des secondo accédants, ils bénéficient donc de taux légèrement supérieurs.

Ainsi l’ajustement à la hausse observé ne serait qu’un effet de leur présence. Car les banques continuent de leur faire des appels du pied, et ça marche car elles accordent de plus en plus de prêts immobiliers.

Les banques continuent d’ouvrir leurs coffres

Alors que les mois d’été sont généralement peu propices à l’activité immobilière, cette année a été un peu particulière. De juillet à septembre le nombre de prêts immobiliers accordés par les banques a bondi de +5,1 %, par rapport à la même période en 2014. Et elles ont prouvé qu’elles n’ont pas un oursin dans le porte-monnaie, car le montant total prêté est en hausse de+56,5 % sur la même période.

Et avec la trésorerie dont elles disposent grâce à la politique monétaire accommodante de la BCE (Banque Centrale Européenne), elles peuvent se le permettre. Elles sont désormais moins exigeantes en termes d’apport personnel. Ainsi pour emprunter pour de l’immobilier neuf, le capital nécessaire diminue de – 8,2 % sur les 9 premiers mois de l’année, par rapport à la même période l’année précédente.

Dans l’ancien le niveau de l’apport personnel baisse de -7 %, ce qui comme on l’a dit facilite le retour des primo accédants, généralement moins bien pourvus en épargne.

Et pourtant le coût du crédit immobilier diminue

Fait étrange, alors que la moyenne des taux immobiliers s’élève légèrement, le coût du financement descend de 3,85 années de revenus en août, à 3,79 en septembre. Quant à la durée des remboursements, elle se situe désormais à 209 mensualités contre 216 en août.

Cette différence peut traduire le fait que les ménages ayant emprunté en septembre percevaient globalement des revenus supérieurs à leurs prédécesseurs du mois d’août.

Toutefois il reste une forte proportion de contrats sur 25 ans à 30 ans, même si la majorité concerne les remboursements de 20 ans à 25 ans. On voit également que les contrats de prêt sur 10 ans à 15 ans sont en augmentation, ce qui peut être un signe de la présence des investisseurs immobiliers.

Selon la Banque de France, on emprunte toujours moins cher

La baisse du coût du crédit telle que calculée par le rapport du CSA/Crédit Logement, reflète la moyenne du TEG (Taux Effectif Global, donc frais inclus) constatée par la banque de France. Au 3e trimestre il descend de 3,10 % à 2,94 %, ce qui prouve que les emprunteurs de juillet à septembre ont pu bénéficier de meilleures conditions globales, que leurs prédécesseurs d’avril à juin.

Les ménages en profitent à juste titre, ce qui fait craindre à certains une remontée des prix de l’immobilier, notamment sur la région parisienne. Si cette tendance inflationniste est constatée par les notaires, ces derniers tempèrent en rappelant qu’il est trop tôt pour parler d’un effet durable.

Tout porte à croire que les banques vont stabiliser leur taux au moins jusqu’à la fin de l’automne, même si la plupart d’entre elle en déjà dépassé leurs objectifs.

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